Stockholm, le syndrome : du théâtre au théâtre!

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C’est du 11 au 29 octobre 2016 que le public de Québec est convié à vivre une expérience théâtrale intéressante. C’est sur la scène de Premier Acte que Stockholm, le syndrome, écrit et mis en scène par Gabriel Fournier, présente du théâtre « théâtral », une pièce aux dialogues emphatiques et teintés d’absurde.

Un bourreau inconnu qui, au début du texte, est caractérisé de « dérangé » rançonne six employés d’un bureau d’assurances. Il demande qu’on lui rende sa vie. Selon lui, il incarne un joueur de cricket du siècle dernier. Les six malheureux obtiennent de l’information sur l’identité du fou qui les a menacés d’un luger, tergiversent, supposent, paniquent, s’accusent et finissent par s’attendrir devant la situation de leur ravisseur incompris. À tour de rôle, les personnages s’identifient à lui et racontent une tranche de vie qui explique leur empathie soudaine pour celui qui les a enfermés.

Le syndrome de Stockholm est un phénomène psychologique qui provoque chez les victimes de rapt une empathie pour leur bourreau. Cette réaction tend inconsciemment à faire croire aux séquestrés que ce rapprochement va leur sauver la vie dans une situation de prise d’otages par exemple.

Stockholm, le syndrome est une pièce qui amène les personnages à se distancer de leur rôle afin de se rapprocher du public : ils regardent constamment le public et s’adressent même parfois à lui, un procédé dramaturgique brechtien. Ils savent qu’ils sont dans une pièce de théâtre et le spectateur aussi. Les costumes, les accessoires et le jeu des personnages proposent volontairement des clichés. Une attention particulière au personnage de Yvon, le gars de la sécurité, qui anime beaucoup la scène. Les réactions sont exagérées, la gestuelle, loufoque. Ainsi, l’auditoire se sent dans une soirée Meurtres et mystères où le vrai et le faux se côtoient et où le coupable (le vrai?) se trouve parmi les convives.

Gary et Yvon
Gary et Yvon

Aussi, ce que le public croit être de longues digressions est en fait l’apparition du syndrome issu d’une soudaine pitié irrationnelle pour le kidnappeur. L’existence d’un tel phénomène est clairement tournée en dérision tout au long de la représentation avec des dialogues stériles et des propos ironiques. Le rendu est comique.

Stockholm, le syndrome est divertissant, intrigant et la mise en scène et le texte de Gabriel Fournier sont intéressants.

Distribution : Marc Auger Gosselin, Denis Marchand, Jean-Michel Déry, Paul Fruteau de Laclos, Laurence Moisan Bédard, Vincent Nolin Bouchard

Conception : Mathieu Campagna, Jean-François Labbé

Crédit photos : Cath Langlois photographe

Programmation du théâtre Premier Acte