J’aime Hydro, théâtre documentaire, pour y voir clair!

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Spectacle J'aime Hydro
Spectacle J’aime Hydro

Comme les marguerites que l’on effeuille pour savoir la vérité sur notre amour en disant je l’aime, je ne l’aime pas, je l’aime, je ne l’aime pas… le dernier rayon effeuillé donnant toujours la réponse, l’œuvre documentaire J’aime Hydro garde notre attention et notre curiosité jusqu’à la fin de ce spectacle de près de quatre heures.

Après avoir  présenté la version intégrale de sa pièce J’aime Hydro à guichet fermé ce printemps et cet été à Montréal, Christine Beaulieu part en tournée à travers le Québec avec près de 25 représentations dans une quinzaine de villes. L’équipe s’arrêtera à Québec au Théâtre La Bordée du 28 novembre au 9 décembre 2017.

Théâtre documentaire, J’aime Hydro lance une épineuse et passionnante discussion : qu’est devenue la relation entre Hydro-Québec et les Québécois ? Christine Beaulieu qui a mené une enquête pendant pratiquement trois ans, suite à l’invitation de la dramaturge Annabel Soutar de la compagnie Porte Parole, a vécu, durant cette longue période de recherche, angoisse, insomnie, sentiments controversés et remise en question sur sa propre vie.

Christine-Beaulieu-Credit-Alexi-Hobbs-400x450
Christine-Beaulieu-Credit-Alexi-Hobbs-400×450

Elle se fait maintenant l’interprète du citoyen dans un feuilleton politique palpitant. Le spectacle est divisé en 5 épisodes et les informations, interrogations sont amenées  sous différents thèmes : Matière première, Vertu de l’ignorance, Ignorance de la Romaine, Le complexe du castor, La très surprenante vertu de l’ignorance, Le Pitch, Le rapport Lanoue-Mousseau, Économie de marché, C’est quoi la vision, Construction d’avenir … Ouf! Direz-vous, mais durant chacune de ses thématiques, Christine Beaulieu nous parle très honnêtement de son ignorance face à la Société d’État, Hydro-Québec. À travers toutes ses démarches avec des dizaines et dizaines d’intervenants, elle nous transmet ses connaissances acquises à partir même du fonctionnement de l’électricité jusqu’à la structure d’Hydro-Québec.  Des questionnements environnementaux, économiques, politiques, sociaux, d’octroi de contrats, de sécurité des travailleurs, manque de travail chez les citoyens de la Côte-Nord, la nécessité de produire, les coûts de production via les prix offerts sur le marché, elle a fait un travail de recherche colossal afin de transmettre des informations  pertinentes et actuelles.

Son interprétation est purement personnelle tout au long du spectacle et à travers les épisodes, elle nous parle franchement et avec tellement de candeur, de conviction et d’interrogation que nos  atomes se téléportent en elle, ce qui rend ces heures d’écoute  tellement captivantes.  Elle est tout à fait phénoménale sur scène et sa présence habite totalement la scène. On assiste à sa transformation sous nos yeux, de l’ignorance vers la connaissance, de sa peur du conflit jusqu’à la prise de position assumée.

Mathieur Gosselin, comédien et dramaturge
Mathieur Gosselin, comédien et dramaturge

La comédienne Christine Beaulieu nous fait souvent rire, particulièrement dans une scène qui se déroule sur une plage ou encore avec son expression d’avoir l’air d’une piasse de patate frite. Elle n’est pas seule sur scène et son complice Mathieu Gosselin, comédien et dramaturge, interprète de façon  marathonienne une trentaine de personnages, dont Annabel Soutar,  sociologue, experts en toutes sortes, ministre, sous-ministres, Bernard (Rambo) Gauthier, représentante de la communauté Innus, Éric Martel, président-directeur général d’Hydro-Québec et tout cela avec brio.  Chacun des personnages interprétés est crédible grâce à son grand talent.

Malgré le peu d’accessoires utilisés, la scène est vivante et nous situe toujours dans cette histoire évolutive.  Des projections d’image, de courtes entrevues, film de son voyage sur la Côte Nord avec un véhicule 100% électrique, sont de réels bijoux qui font briller la scène.

Mathieu Doyon, réalisateur de la conception sonore,  est sur scène également et sa présence donne un côté technique à ce spectacle. Il est même bruiteur pour les auditeurs sur le site web de Porte Parole.

Je ne peux passer sous silence Philippe Cyr, qui a travaillé à la mise en scène de cet étonnant projet avec une créativité remarquable.

Une histoire réelle et évolutive nous est racontée et laissera sans aucun doute des interrogations chez le public. Le sentiment d’urgence que nous devrions suivre de plus en plus nos vraies affaires de société plutôt que nos petites affaires personnelles nous est inculqué tout au long de la soirée.

Je souhaite à chaque québécois d’avoir la chance d’assister à ce spectacle informatif et porteur de réflexion pour un avenir meilleur!

http://bordee.qc.ca/piece/jaime-hydro/

Texte et idéation : Christine Beaulieu

Dramaturgie : Annabel Soutar

Mise en scène : Philippe Cyr

Conception sonore : Mathieu Doyon

Environnement sonore et podcast : Frédéric Auger

Illustrations : Mathilde Corbeil

Vidoé : Thomas Payette et Gonzalo Soldi

Lumière : Erwann Bernard

Scénographie : Odile Gamache

Costumes : Julie Breton

J’aime Hydro est une production de Porte Parole et Champ gauche, en coproduction avec le Festival TransAmériques (épisodes 1 à 3)

Théâtre La Bordée

315, rue Saint-Joseph Est
Québec (Québec) G1K 3B3

Adresses courriel :
Demande d’informations générales : info@bordee.qc.ca
Abonnement : billetterie@bordee.qc.ca
418 694-9721

Crédit photo : Alexi Hobbs