Être du monde de Maryse Rouy, un merveilleux mélange de résilience, de courage, d’humanité de souvenirs lumineux et douloureux. Mon coup de cœur d’émotions!

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Être du monde

Maryse Rouy, auteure d’une trentaine de romans, a publié en janvier dernier, aux éditions Druide, son livre le plus personnel à ce jour, Être du monde.  Ce livre relate sa traversée de l’Atlantique, de Marseille jusqu’à New York sur un cargo porte-conteneurs, tout en racontant son expérience d’aidante naturelle auprès de sa mère atteinte de la SLA (maladie de Lou Gehrig), maladie qui s’attaque aux neurones et entraine progressivement la paralysie du corps.

Résumé : Maryse Rouy rêvait depuis longtemps de traverser l’Atlantique en cargo. C’est après avoir accompagné sa mère atteinte de la sclérose latérale amyotrophique (SLA ou maladie de Lou Gehrig) pendant les derniers mois de sa vie que ce voyage s’impose à elle comme une nécessité. Elle l’entreprend et sa cabine devient le lieu d’une retraite d’écriture. Au rythme des vagues, des aubes et des crépuscules, elle raconte la dégradation physique et les souffrances psychologiques d’une femme aux prises avec une maladie incurable, ainsi que l’épreuve vécue par ses deux filles, proches aidantes pendant quatorze mois. Alentour de cette mémoire, la vie continue au fil des relations avec l’équipage et les passagers, des instantanés sur l’existence à bord du bateau et du murmure infini de l’océan.

Ce livre m’a été suggéré par mon amie écrivaine Mylène Gilbert-Dumas qui a fait la traversée en cargo avec Maryse Rouy. Ce genre de voyage m’a toujours intéressé. C’est une autre façon de voir le monde, de découvrir des métiers peu connus et de vivre une expérience hors du commun que de passer plusieurs jours, restreint et contraint sur un bateau avec des étrangers, avec pour seules activités, lire, prendre l’air sur le pont, discuter, et dans le cas de Maryse Rouy, revivre les derniers moments de la vie de sa mère et de coucher sur papier ses émotions et ses souvenirs pour espérer ensuite pouvoir laisser partir sa mère et recommencer à vivre.

Quel merveilleux livre! C’est un réel coup de cœur d’émotions pour moi!

J’ai découvert cette auteure Maryse Rouy, l’an passé, alors que j’ai lu son plus récent roman jeunesse Sur une île inventée, et j’avais été conquise par sa plume simple, remplie de tendresse et qui sait si bien saisir et nous faire ressentir les émotions.

Ce récit pourrait être lourd et pénible, voire même un peu déprimant à lire, s’il n’y avait eu que l’histoire de la maladie à nous raconter. Car, il est certain que ce n’est pas vraiment facile de lire certains passages, alors qu’on est témoin et qu’on comprend toute la douleur, la peur et le découragement que peut ressentir cette femme qui, sur une période d’un an, devient de plus en plus prisonnière de son corps. Ajoutez à cela tous les efforts, les choix déchirants,  la gamme d’émotions et la charge de travail que les deux sœurs ont accumulé pour aider un tant soit peu leur mère. Et au bout du compte, elles se voient impuissantes à améliorer sa santé. Ouf! Quels sentiments difficiles à porter! Mais ce livre comporte aussi son lot de moment lumineux, de souvenirs chaleureux en famille et la découverte d’une femme extraordinaire, résiliente, courageuse, qui n’a qu’une envie dans la vie, soit celle d’être du monde!

Mais ce livre n’est pas lourd, ni pénible à lire, car ces chapitres plus douloureux sont entrecoupés des tranches de vie vécues à bord du cargo, avec le capitaine, l’équipage, et les quatre autres touristes qui font la traversée avec l’auteure. C’est fascinant de voir comment ça se passe sur ces gros bateaux. Et c’est intéressant de découvrir l’humain derrière le métier également. Se régaler d’un lever du soleil chaque matin, car même si c’est toujours le même soleil qui se lève, c’est toujours une expérience différente chaque matin. Se laisser caresser le visage par le vent constant sur le pont. Regarder les étoiles après le coucher du soleil! Se laisser bercer par le son des vagues en lisant un livre. Bref, nous passons des moments de béatitudes sur ce cargo, ce qui allège notre expérience de lecture des moments plus ardus, et forts en émotions des souvenirs de la maladie. Et nous apprenons également les avantages, inconvénients, risques et dangers de ces métiers sur un cargo et c’est fascinant!

Finalement, on en apprend beaucoup sur cette maladie qu’est la SLA, les symptômes et la progression de cette maladie, qui est malheureusement incurable.

En résumé, ce livre est un merveilleux mélange de résilience, de courage, d’humanité de souvenirs lumineux et douloureux et je le recommande chaudement à quiconque veut vivre une expérience enrichissante d’émotions vives!

Maryse Rouy

Reconnue pour ses talents de raconteuse et la qualité de son écriture, Maryse Rouy a publié une trentaine de romans. Le polar médiéval Au nom de Compostelle lui a valu, en 2003, le prix Saint-Pacôme du roman policier et deux tomes de sa série Les chroniques de Gervais d’Anceny ont été finalistes au prix Arthur-Ellis, qui récompense la littérature policière canadienne. Dans un registre différent, Être du monde (2019) livre un récit très personnel voyageant entre la mère perdue et la mer toujours recommencée.

Récit

Nombre de pages 200 pages

Collection : Reliefs

Paru le 30 janvier 2019

PRix : 9.95$

Éditions Druide

https://www.editionsdruide.com/

Sur une île inventée :

http://info-culture.biz/2018/04/02/ile-inventee-de-maryse-rouy-roman-jeunesse/