Ils ont écrit la guerre

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Le 20 mars 2010


 

« Assis, sur le bord de mon trou, je regardais mes camarades avec bravade, malgré que la rotule de l’un de mes genoux tremblait nerveusement, sans arrêt, même quand je l’empoignais solidement. Il n’y avait pas d’erreur, j’avais peur. Une peur viscérale qui me rivait les fesses pour m’empêcher de tout lâcher. J’avais peur. J’avais beau me raisonner, j’avais peur. Faire face à la mort lucidement est certainement la plus grande aventure de la vie et j’étais vraiment au royaume des claquements. Ici, toute vie intelligente suintait la peur, il n’y avait pas d’équivoque possible, je tremblais et ce n’était pas de froid. »

C’est Sébastien Vincent qui nous met en contact avec ce témoignage écrit laissé par Maurice Juteau un vétéran de la seconde guerre mondiale. C’est ce à quoi s’applique le livre Ils ont écrit la guerre. Faire connaître la guerre par le biais d’écrits produits par les soldats eux-mêmes.

Parmi les militaires qui ont fait la guerre, certains, peu nombreux, ont laissé des écrits qui témoignent de cette expérience qui demeure indicible pour la majorité. Ces souvenirs, lettres du front, carnets, journaux intimes et même romans de guerre constituent une précieuse source de documentation, qui a pourtant longtemps été négligée par les historiens. Sébastien Vincent se penche ici sur les écrits laissés par les combattants canadiens-français de la Seconde Guerre mondiale et il en tire un portrait saisissant de la vie militaire, sur terre, sur mer et dans les airs. Ces témoignages restituent pour le lecteur d’aujourd’hui la réalité de la guerre vécue à hauteur d’homme. Ils décrivent les dangers particuliers qu’ont affrontés les fantassins, les marins et les aviateurs, et ils rendent de façon inoubliable les misères de la vie au front, avec la présence quotidienne de la mort, l’horreur des combats, les traumatismes physiques et psychologiques. Ils permettent de mieux saisir les motivations des engagés volontaires, les différences entre l’expérience des officiers et celle des hommes de troupe, notamment quand ils sont faits prisonniers de guerre. Comme le fait remarquer Stéphane Audoin-Rouzeau dans sa préface : «Dès lors, la question qui nous taraude, historiens et non-historiens confondus, a bien trait aux conditions de possibilité de l’épreuve humaine que constitue l’immersion dans l’univers de la guerre. Comment ont-ils pu ?»

Ces écrits vont bouleversant mettent le lecteur fac à face avec les atrocités de la guerre. Toutes les guerres.

 

 

Sébastien Vincent est enseignant à la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys. Il a publié, chez VLB éditeur en 2004, Laissés dans l’ombre, sur les engagés volontaires canadiens-français de 39-45, pour lequel il a été finaliste au Prix du Gouverneur général – catégorie études et essais.

Prix suggéré : 32.95 $
336 pages

www.edvlb.com

 

 

 

    

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