Spectacle Les chemins ombragés d’André Gagnon

 
 
C’est samedi, 13 novembre dernier que le pianiste de renommée internationale André Gagnon a séduit à nouveau son public québécois après une éclipse de près de 15 ans, qui l’a surtout amené à se produire au Japon. Pour ce retour à Québec, quoi de mieux que le Palais Montcalm, rénové, pour l’accueillir. Comme il le dit lui-même plus d’une fois durant son spectacle, « Cette nouvelle salle du Palais Montcalm est une splendeur. On se croirait au Japon ». Et voilà, le ton de la soirée est donné. Des mots tendres saupoudrés de pointes d’humour. Je peux moi-même dire que ce spectacle d’André Gagnon est une vraie splendeur avec de douces rêveries et de belles nouveautés, mélangé à la nostalgie de ses premiers succès. Tout cela est vraiment digne du Palais Montcalm.
 
Dès son entrée sur scène, bien simplement, il a interprété seul au piano une première mélodie Pensées Fugitives de son nouvel album Les chemins ombragés. Au total, il a joué cinq de ses nouvelles pièces En Do majeur, Dimanche Nostalgie (une musique qui lui est venue spontanément en repensant à ses dimanches musicaux en famille avec ses frères et sœurs), Voiles, et le piano de Claude (hommage à celui qui lui a donné sa chance et qui lui a appris beaucoup, Claude Léveillée). Sur cette dernière pièce, on sentait dans la salle un immense respect, un recueillement même de la part des gens qui ont été émus, tout comme André qui a pris quelques secondes après cette mélodie pour se laisser envelopper par les chauds applaudissements du public.
 
En plus de ce nouvel album, Dédé Gagnon a également célébré les 35 ans de son succès phénoménal Neige en reprenant Flashback (une de mes pièces préférées à vie), Neige (que les gens attendaient et qui a soulevé l’ovation debout), WOW, et même Petit concerto pour Carignan et orchestre. Même s’il n’y avait pas tous les instruments originaux pour la pièce WOW, Marc Beaulieu qui signe les arrangements du spectacle a réussi à faire revivre cette ambiance à la fête de ce morceau mythique.
 
 
Accompagné d’un ensemble à cordes (basse, contrebasse, violoncelle, alto, violon) et de Marc Beaulieu aux claviers, guitare et accordéon, André Gagnon en a également profité pour faire découvrir aux gens de Québec, Marc-André Gauthier, un violoniste hors pair qui vient de sortir son disque éponyme. Réalisé par André Gagnon qui signe aussi les arrangements avec Marc Beaulieu, cet album contient entre autres les pièces Cinema Paradiso Love Theme (que Marc-André interprète, accompagné d’André au piano) et Arabesque (première pièce composée par André spécialement pour Marc-André et son album). Cette performance a énormément plu aux spectateurs, si on en croit les applaudissements. En deuxième partie du spectacle, Marc-André revient sur scène pour interpréter à lui seul, la partie pour deux violons de la pièce Petit concerto pour Carignan et orchestre. Comme André le dit lui-même « Cette pièce est en fait un exercice de style, où il reprend le reel du violoneux Jean Carignan et en a fait un mini concerto style baroque.» Ce même exercice de style, il l’a fait également avec les Turluteries de La Bolduc, qu’il a interprété en première partie de spectacle.
 
Durant ces deux heures de bonheur, Dédé revisite aussi certains succès de ses autres albums tels que Pour ma soeur en allée (de son album Romantique, et aussi sur Piano Solitude une berceuse pour sa sœur Madeleine) Épilogue (de son album Histoires Rêvées) et Douce Illusion (de son album Saga). Lors du rappel, il reprend même, pour le plaisir de jouer la pièce populaire Blue moon, reprise dans un style piano-bar très ballade.
 
 
Grâce à une équipe de musiciens (tous de noirs vêtus) de très grandes qualités, une salle de spectacle majestueuse, un éclairage discret et notre virtuose du piano simple, jovial, humoristique à l’occasion, qui nous raconte entre chaque pièce une anecdote, un état d’âme, ou comme est venu l’inspiration d’une mélodie, pour mieux créer l’ambiance à venir, le public du Palais Montcalm a passé un moment fabuleux, en compagnie d’une musique qui ne se démode jamais et qui apporte quiétude, joie et réconfort.
 
André Gagnon a terminé son spectacle en remerciant ses musiciens et le public en leur disant «En répétition aujourd’hui, j’ai apprécié la beauté des lieux, ce magnifique piano… Je suis bien content. J’ai passé un bon moment dans cet endroit magique. » Le plaisir a été réciproque.
 
 
 
Musiciens :
Pierre Pépin : basse contrebasse
Carla Antoun : Violoncelle
Ligia Paquin : Alto
Mélanie Vaugeois : Violon
Chantal Bergeron : Violon
Marc Beaulieu : Claviers, accordéon, guitare
 
Invités :
Marc-André Gauthier : Violoniste
Luc Boivin : Percussions
 
André Gagnon sera en supplémentaire à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec le jeudi 7 avril 2011.
Pour en savoir plus sur son album et sa tournée Les chemins ombragés :  
 
 
 
 
Les disques Audiogrammes
 
 
crédit photos : Pascal Dumas