Devoilement du prochain Où tu vas quand tu dors en marchant

C’est sous un soleil ravissant, dans la cour intérieure de l’Université du Québec (sur la rue Fleurie dans le quartier Saint-Roch) que l’équipe du Carrefour international de théâtre a convié les médias et le public, samedi le 19 mars dernier, au dévoilement des lieux et des grandes lignes de son nouveau spectacle déambulatoire Où tu vas quand tu dors en marchant… 2.

Avec le succès de la première mouture du spectacle (en 2009 et 2010) qui avait rallié plus de 60 000 spectateurs, l’équipe du Carrefour a reconduit le metteur en scène Frédéric Dubois à la barre artistique de son grand spectacle multidisciplinaire extérieur. Cette fois-ci, le spectacle se déplace seulement dans le quartier Saint-Roch, de manière à ne pas avoir le même problème que les autres années où l’animation s’échelonnait de la haute-ville à la basse-ville. Une belle amélioration à mon avis. Cette fois, un parcours où c’est plus facile d’en faire le tour et de revenir à notre point de départ. Les gens peuvent débuter le parcours où bon leur semble et en faire le tour de la façon qu’ils veulent. Au final, plus de 180 artistes et artisans participeront à l’évènement qui se déploiera entre le Jardin de Saint-Roch, la rue du pont et la Marina Saint-Roch durant la première fin de semaine de ce 12e festival.

Pour le dévoilement de ce nouveau parcours, Dominique Violette, la directrice générale du Carrefour, Marie Gignac, la directrice artistique du carrefour et Frédéric Dubois, le metteur en scène du nouveau spectacle déambulatoire, étaient très fébriles d’enfin annoncer au public ce nouvel évènement. Ils semblent particulièrement fiers de leurs équipes de concepteurs dont la créativité et l’imagination bouillonnent à plein ces temps-ci pour finaliser leur concept et leur partie de spectacle innovateur.

Frédéric Dubois mentionne : « Nous avons gardé le même nom pour le spectacle, puisque l’idée de base demeure de mettre en scène la ville, les gens de la ville, ses lieux ses bâtisses, ses rues, de soudainement nous faire voir de manière différente, inusitée, onirique, poétique un lieu qu’on n’avait jamais vu de cette manière-là. Cette fois-ci ce parcours met en scène le réel, le quotidien, pour lui rendre hommage, l’élever, le poétiser. C’est un thème qui revient d’une station à l’autre. Et cette année encore, c’est Marie et moi qui avons choisi les lieux. On a voulu partir d’où cela finissait. On est parti du parvis de l’Église Saint-Roch, et on a nous-mêmes déambulé dans le quartier Saint-Roch pour identifier ces nouveaux lieux.»

Voici plus en détail les 6 nouveaux lieux, créés par six nouvelles équipes de concepteurs.


Jardins intérieurs
Un parterre animé de scènes d’intimité quotidienne livrées au regard des curieux.

Nancy Bernier raconte : « J’ai toujours eu envie de savoir ce qui se passe dans la tête des gens, un peu partout, dans les restaurants, magasins. C’est ce que j’ai voulu concevoir, réaliser. Ce sera 11 situations dans les jardins qui sont inspirées du quartier Saint-Roch. Toutes les situations seront présentées autour de tables comme table à langer, table de poker, table de bibliothèque. Tout cela, en conservant la notion et le thème du jardin, au niveau du costume, par exemple et l’inspiration de la vie qui pousse… En se promenant dans les jardins, le public pourra entendre ce que les gens pensent, tout simplement. Par moment, il va y avoir un éclatement de ces moments-là, de l’audace, de la folie, qui sera développée avec le chorégraphe Harold Rhéaume. On va chorégraphier tout cela pour que ces moments intimistes éclatent. »

Situé dans les Jardins Saint-Roch.
Conception Nancy Bernier (comédienne et metteure en scène. Elle a dirigé des productions d’envergures comme Lévis au Cube.)
En collaboration avec Bernard White, Ariane Sauvé, Sébastien Dionne, Harold Rhéaume, Fabrice Tremblay, Marc Doucet et Jacques Boucher

Vente de nuit

Un marché aux puces libérateur qui incite à se départir de souvenirs oppressants.

Steve Gagnon raconte : « Ce sera un immense marché aux puces de nuit. Les personnages vont venir vendre des objets qui ont appartenu à des gens qu’ils ont aimés, mais qui sont disparus, partis. Le public se promène à travers les tables et reçoit ces histoires-là, ces souvenirs-là qui tournent tous autour du manque, de l’ennui, de la perte. Il y aura entre 30 et 40 acteurs qui auront chacun entre 1 et 3 textes reliés aux objets qu’ils auront à vendre. Il y aura également un genre de chapelle qui sera propre à cet endroit-là. Le public pourra déposer leurs propres objets qui les hantent, ou leur rappellent de bonnes choses. »

Situé sur la Rue Fleurie, entre les rues du Parvis et de la Chapelle, incluant la cour intérieure (l’esplanade) de l’Université du Québec.
Conception Steve Gagnon (Il incarnait Roméo dans Roméo et Juliette au Théâtre de la Bordée. En tant qu’auteur, son premier texte La montagne rouge (SANG) a été créé au 11e Carrefour et présenté par la suite au Théâtre Périscope.)
En collaboration avec Dominic Thibault et Marco Morin

Les gens du public sont d’ailleurs invités à participer en apportant les soirs de représentation, une photo, un bijou, une carte, un vêtement, n’importe quoi. La personne n’aura alors qu’à se départir de cet objet dans la chapelle prévue à cet effet, soit par vengeance, par épuisement, par amour, par hommage, pour qu’il porte malheur à un autre ou qu’il voyage. Les gens peuvent aussi envoyer un courriel sur le site du carrefour, pour raconter ce qu’ils apporteraient s’ils le pouvaient ou ce qu’ils apporteront le soir d’une représentation. Il suffit pour vous alors de raconter dans ce courriel l’histoire de cet objet, ce qu’il représente, ce qui vous hante ou vous manque à son sujet. Et ceci servira à l’auteur pour écrire les textes de son spectacle.

Nichés

Une murale de petits balcons où vivent des personnages en apparence seuls et pourtant connectés sur le monde.

Christian Fontaine raconte : « J’ai décidé d’utiliser la façade, la murale déjà présente et d’y installer des statues, 8 personnages, qui vont habiter la façade pendant les deux heures de la représentation. Ce qu’on essaie de faire, c’est de permettre au public de pouvoir communiquer avec ce personnage-là, même si eux ignorent le public. Ce sera probablement par téléphone, par texto que les gens pourront communiquer avec eux. C’est l’option qui est retenue pour l’instant. De plus, ce sera comme une chorale, puisque tous les 8 personnages vont entendre la même musique, ils seront dans même ambiance. Ils vont fredonner cette musique qu’ils vont entendre dans leurs oreilles. Il y aura également des vidéos projetés sur la façade pour ajouter à l’animation.»
Située sur la Rue de la Chapelle, entre les rues Fleurie et Sainte-Marguerite

Conception Christian Fontaine. (Il  enseigne la scénographie et la conception d’éclairages au Conservatoire d’art dramatique de Québec. Il travaille régulièrement avec plusieurs compagnies, dont le Théâtre du Trident, le Théâtre de la Bordée )
En collaboration avec Philippe Lessard-Drolet

La Pêche miraculeuse

Un ciel de leurres composé d’objets insolites et séduisants qui attisent la convoitise.

Pierre Sasseville raconte : « Suspension, mouvement, désir… On va travailler avec des objets qui réfèrent au quotidien, mais dont les échelles vont être trafiquées, dont l’esthétique aussi sera trafiquée. Ces objets seront en suspension, un peu comme des leurres pour attirer le poisson. On joue avec l’idée du désir, de la possession, l’envie, la convoitise, le besoin…»

Situé sur la Rue Sainte-Marguerite, entre les rues de la Chapelle et du Pont

Conception Cooke-Sasseville. (Pierre Sasseville et Jean-François Cooke forment un duo d’artistes dont la pratique est essentiellement tournée vers l’installation et la sculpture.)
En collaboration avec Fabien Cloutier pour les textes.

 

Pour de vrai

Une rue autrefois cachée derrière les murs d’un mail qui dévoile sa diversité sociale, artistique et commerciale.

Marie Gignac raconte : « J’ai toujours été attiré par le documentaire, le docu-fiction. Et cette rue du Pont est remplie de commerces, boutiques, bars, organismes communautaires, artistiques, sociaux. C’est un endroit extrêmement riche comme milieu. Donc, Alexandre et moi avons rencontré certaines personnes de ces commerces, pour tourner de 8 petits documentaires sur ces personnes et/ou leurs organismes, entreprises. Ces documentaires seront projetés soit sur les façades des édifices ou dans des écrans dans les vitrines. Il y a le bar le Dauphin, qui existe depuis plusieurs années. Il y a aussi Fanamanga, boutique de manga japonais, avec des costumes manga. Il y a aussi La Galerie d’art Morgan Brige, qui est l’univers des graffiteurs et où l’on vend des produits pour eux. Ensuite, il y a le lieu Centre en Art Actuel, qui est le royaume de la performance. Puis, de l’autre côté de la rue, on a des organismes comme La Maison Gilles Kègle. On a rencontré Gilles Kègle pour l’occasion. Le carrefour familial des handicapés, pour les personnes à mobilité réduite. Et finalement l’épicerie André Rouleau qui est une épicerie de quartier qui est installé dans une maison de chambreurs. De plus, à l’entrée de la rue, à l’endroit où il y avait le mur du mail Saint-Roch à l’époque, on va reconstituer ce mur, mais je ne vous dis pas comment. Cependant, le public va pouvoir passer à travers ce mur, pour découvrir une nouvelle rue du Pont. L’apogée de tout cela, on a conçu, avec la chorégraphe Chantale Bonneville un ballet sur roue,où des personnes à mobilité réduites vont danser avec leurs triporteurs, chaises roulantes..»
Située sur la Rue du Pont, entre les rues Saint-Joseph et De La Salle

Conception Marie Gignac et Alexandre Fecteau.(Marie Gignac est comédienne, metteure en scène et directrice artistique du Carrefour. On l’a vue récemment dans Les Trois Sœurs au Théâtre du Trident et dans Roméo et Juliette au Théâtre de la Bordée. Alexandre Fecteau est auteur, metteur en scène et directeur artistique du collectif Nous sommes ici, qui s’intéresse principalement au docu-théâtre. Sa création Changing Room sera présentée au Théâtre Périscope en avril.)
En collaboration avec Chantal Bonneville, Marie-Renée Bourget-Harvey, Catherine Guay et Marilyn Laflamme

Lecture aléatoire (shuffle;-)

Une bande d’adolescents qui profitent de la nuit pour prendre la parole et livrer leurs sentiments, leurs rêves, leurs envies.

Frédéric Dubois raconte : « La marina Saint-Roch, c’est un plateau théâtral extraordinaire, une piscine extérieure, avec une espèce de mezzanine en béton qui fait tout le tour, avec une vue magnifique sur la rivière Saint-Charles. C’est un plateau inusité et parfait pour ce que je voulais faire. Et ce que je voulais faire, c’est donner la parole à des adolescents. C’est-à-dire que depuis février, on travaille avec une classe de secondaire V d’art dramatique de l’école secondaire de Rochebelle. Ce sera leur spectacle de fin d’année qui est dans leur programme scolaire. 4 de ces jeunes sont sur place aujourd’hui. On leur a dit, prenez la parole. Ce sera un spectacle qui va être inspiré du IPOD, aléatoire. Il va s’écrire de manière différente tous les soirs. C’est en collaboration avec le public que le choix de l’ordre du spectacle va se faire. Il se fera au fur et à mesure que le spectacle va se dérouler. On ne saura jamais ce qu’on fera dans les trois prochaines minutes qui suivent. On peut refaire 8 fois la même scène. On peut faire des scènes différentes. Ce sera fait avec cet esprit ouvert, éclaté, rapide, animé. Et le propos leur appartient à ces ados. On leur donne des verbes et ils doivent nous en parler. Choisir, haïr, rêver,…»
Située à la Marina Saint-Roch

Conception Frédéric Dubois, Yasmina Giguère et Pascal Robitaille. (Frédéric Dubois est metteur en scène et directeur artistique du Théâtre des Fonds de Tiroirs dont il est un des fondateurs. En avril, il sera de la distribution du spectacle Changing Room.)

En collaboration avec Marie-Amélie Dubé et les élèves du groupe 5401 de l’École secondaire De Rochebelle

Où tu vas quand tu dors en marchant… 2 sera présenté gratuitement au cœur du quartier Saint-Roch, les 26, 27 et 28 mai 2011 de 21 h à 23 h en continu.

Le 12e Carrefour se tiendra du 24 mai au 11 juin 2011. Le dévoilement complet de la programmation aura lieu le 19 avril prochain.

www.carrefourtheatre.qc.ca

 

Pour la galerie de photos : http://espace.canoe.ca/infoculture/album/view/852002

 

 

Crédit photos : Lise Breton