Homo Erectus de Tonino Benacquista

« Ainsi aiment les hommes que j’aime »

Chaque jeudi, hiver comme été, une confrérie se réunit dans un lieu anonyme, un théâtre désaffecté ou encore un bistrot privé. Ils sont une centaine à venir écouter religieusement l’histoire un peu loufoque d’un de leurs pairs, dans le silence le plus absolu.

Ces hommes sont issus du tout dernier roman de Tonino Benacquista, Homo Erectus. L’auteur en fera parler plus d’un, mais s’attardera particulièrement sur l’histoire de trois hommes qui se sont rencontrés lors d’une des séances du jeudi. Même si leurs métiers sont aux antipodes, un point central les réunit : leur relation problématique avec les femmes. Un cuisinier de brasserie, cocufié par sa femme, décide de la laisser et d’investir son héritage chez les prostituées. Un poseur de vitre, solitaire et déprimé, voit son quotidien chamboulé lorsqu’une femme inconnue décide d’élire domicile chez lui sans raison apparente. S’ajoute à ce duo, un philosophe torturé qui s’amourache d’une starlette, formant ainsi, un couple des plus surréalistes.

C’est avec dextérité que Benacquista tire les ficelles de ses trois histoires. La trame filée en toile d’araignée d’Homo Erectus se rapproche de celle de Saga (1997). Les personnages s’éloignent de ceux mais de ses romans policiers comme Malavita (2004) ou La Commédia des Ratés (1992), qui sont mafieux, anti-héros et psychopathes. Parce qu’il est habile et qu’il ne tombe pas dans le piège des stéréotypes, Benacquista réussit à faire parler la psyché masculine sans tomber dans le mielleux. Le roman est rythmé, les dialogues réalistes puisque courts, les phrases équilibrées et les transitions bien opérées. Cette recette fonctionne, Benacquista le sait très bien – Grand prix de littérature policière, Grand prix des lectrices de Elle, César du meilleur scénario – . Le lecteur sourit, tourne la page, s’intrigue. Et le lit comme ses autres romans: d’un trait.

Crédit Photo : C. Hélie – Gallimard

Après avoir exercé divers métiers qui ont servi de cadre à ses premiers romans, Tonino Benacquista construit une œuvre dont la notoriété croît sans cesse. Après les intrigues policières de La maldonne des sleepings et de La commedia des ratés, il écrit Saga qui reçoit le Grand Prix des lectrices de Elle en 1998, et Quelqu’un d’autre, Grand Prix RTL-Lire en 2002.

Scénariste pour la bande dessinée (L’outremangeur, La boîte noire, illustrés par Jacques Ferrandez), il écrit aussi pour le cinéma : il est coscénariste avec Jacques Audiard pour Sur mes lèvres, et de De battre mon cœur s’est arrêté, qui leur valent un César en 2002 et 2006.

 

 

Prix suggéré: 27,95$

Nb de pages: 272 pages

www.gallimard.fr

 

Après avoir exercé divers métiers qui ont servi de cadre à ses premiers romans, Tonino Benacquista construit une œuvre dont la notoriété croît sans cesse. Après les intrigues policières de La maldonne des sleepings et de La commedia des ratés, il écrit Saga qui reçoit le Grand Prix des lectrices de Elle en 1998, et Quelqu’un d’autre, Grand Prix RTL-Lire en 2002.

Scénariste pour la bande dessinée (L’outremangeur, La boîte noire, illustrés par Jacques Ferrandez), il écrit aussi pour le cinéma : il est coscénariste avec Jacques Audiard le scénario de Sur mes lèvres, et de De battre mon cœur s’est arrêté, qui leur valent un César en 2002 et 2006.