Les écureuils sont des sans-abri

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Les écureuils sont des sans-abris

Il vend des sandwichs dans les bars. Il rencontre des filles avec qui il couche, des filles qui l’hébergent ou avec qui il voyage dans le Sud. Il va en Gaspésie pour écrire la biographie d’un homme qui sauve des vies. Il loue son corps à l’industrie pharmaceutique. Il observe les écureuils dans les parcs de Montréal. Il boit trop de bière et dort trop peu dans des chambres louées pendant de trop courtes périodes. Et il écrit. Il écrit sans cesse. Il veut vivre de son écriture. Il ne veut plus rien faire d’autre qu’écrire. Même quand il aboutit dans un ou l’autre des refuges de la grande ville, il écrit. Il a des idées et il leur fait passer le test de la réalité. Il écrit le choc entre ses idées et la réalité. 

Je n’ai pas lu les autres romans de Simon Girard et je n’avais aucune idée de quoi m’attendre avec ce livre au titre des plus étranges. Et pourtant, ce livre, des plus farfelus se laisse dévorer très rapidement. Bien qu’on y raconte la vie d’un seul personnage principal, on pourrait très bien lire chacun des chapitres, comme une nouvelle. Chacune de ces sections est une histoire en soi, une anecdote que l’auteur nous raconte, un pan de sa vie, un moment de son passé ou de son présent, qu’il nous décrit avec beaucoup d’humour, de finesse et de drôleries. Tel un road-trip, le lecteur se promène avec le narrateur, dans ses pensées et sur les routes et se questionne sur la vie, sur la possibilité de réaliser nos rêves, sur le monde qui nous entoure.

Son but dans la vie, à Simon, c’est de pouvoir vivre de son écriture, de la vente de ses livres. Et pour cela, il tente par toutes sortes de moyens pour y arriver. Mais tel un sans-abri, il passe par des périodes de beuveries, d’isolement, de pages blanches devant lui, qui ne se remplissent pas. On le suit donc dans son processus d’écriture et on découvre tous ses trucs pour survivre sans avoir à vraiment travailler, mais seulement en écrivant. Il raconte ses voyages sur le pouce, ses déboires chez une amie chez qui il garde ses chats. Mais mon histoire préférée est celle où il loue son corps à l’industrie pharmaceutique. 

À travers ses récits de sa vie, on a quelques chapitres, sans rapport, sur les écureuils qu’il croise sur son chemin. Ce sont des moments perturbants et complètement déstabilisants. On ne voit pas vraiment de lien entre ces petites bêtes et son personnage. Ce sont comme des interludes entre les histoires qu’il raconte. C’est bizarre, mais en même temps, c’est drôle. 

Ce roman est divertissant et on comprend que le ridicule ne tue pas, mais provoque souvent le rire et l’autodérision. Alors, lâchez-vous lousse et prenez ce livre comme il se doit, une détente, une lecture réjouissante.    

Simon Girard

Simon Girard est né en Allemagne il y a trente-deux ans. Il vit la plupart du temps à Montréal.  Si tout va bien, il mourra quelque part, et sur sa pierre tombale sera gravé : « HEYYYYYYYY! JE SUIS PAS VRAIMENT MORT!  » ou encore « Lundi matin… de la marde, je me lève pas. » Les écureuils sont des sans-abris est son troisième roman. Simon Girard est l’auteur de Dawson Kid (Boréal) et de Tuer Lamarre (Léméac)

 Prix 16.95 $

Nombre de pages : 181 pages

Ce livre sortira en librairie dès le 18 octobre prochain! 

Éditions Coups de Tête

http://coupsdetete.com/

 

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