12e Festival du Jamais Lu : Épilogue

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 Marcelle Dubois et Geoffrey Gaquère, co-direteurs artistiques du 12e Festival du Jamais Lu
Marcelle Dubois et Geoffrey Gaquère, co-direteurs artistiques du 12e Festival du Jamais Lu

Le 12e Festival du Jamais Lu s’est achevé en fanfare, vendredi dernier, avec un bal littéraire qui a su ravir les danseurs avides de poésie. Ce dernier chapitre est venu clore une aventure couronnée de succès.

Pendant dix jours, le festival a donné à voir et à entendre de nouvelles formes théâtrales, des voix en train d’éclore, des textes en développement. En ce sens, le Jamais Lu confirme son rôle d’incubateur de talents et réaffirme avec force la nécessité de faire vivre un espace de paroles pour les jeunes dramaturges.

8 JOURS POUR ALLER VERS L’AUTRE

Les co-directeurs artistiques, Marcelle Dubois et Geoffrey Gaquère, ont eu le bonheur de voir la ligne éditoriale de cette année, «Tout ce qui nous lie», illustrée à merveille par les artistes invités. Tous ont décliné celle-ci de manière tendre, engagée, insolente, poétique, sans perdre de vu le dénominateur commun qui nous a réuni pendant une dizaine de jours : l’Autre.

Le 12e Jamais Lu s’est ouvert sur 26 auteurs alignés, sur scène, bien droits, armés de leurs textes solides et porteurs, avec pour dessein de réhabiliter publiquement des mots en perte de sens. Que c’était beau! Une soirée où l’on dira longtemps avec fierté et émotion : moi, j’y étais. Puis, il y eu un chassé-croisé temporel (Lisa L’heureux), une apocalypse environementalo-amoureuse (Olivier Sylvestre), une odyssée lumineuse au centre de la Terre (Benoît Drouin-Germain et Emmanuel Schwartz), une plongée vertigineuse dans l’infini du mystère de la vie (François Archambault, Geoffrey Gaquère, Emmanuelle Jimenez et Isabelle Leblanc), une folie furieuse désopilante et démembrante (Mathieu Handfield), une installation visuelle questionnante (Sébastien Harrisson), des émotions d’enfants audacieux (Marilyn Perreault et les élèves de 6e année de l’École Saint-Grégoire-le-Grand), des envies de se réveiller au monde (Cédrick Lessard), une délicieuse lecture-méchoui émouvante à souhait (Pascal Brullemans et Talia Hallmona), un bal littéraire franco-québécois franchement planant (Marion Aubert, Simon Boulerice, Evelyne De la Chenelière, Rémi De Vos, et Pauline Sales). Tout ça, comme une grande tablée gourmande à partager entre tous.

Cette année le festival s’est aussi illustré par ses rendez-vous réservés aux professionnels. Les quatre rencontres proposés ont su trouvé une résonance auprès de la communauté théâtrale Montréalaise et du Canada francophone. Auteurs, metteurs en scène, comédiens et autres curieux sont venus nombreux pour ouvrir la discussion, avec leurs pairs, sur les enjeux de la dramaturgie contemporaine.

AFFICHER COMPLET… UN JOYEUX PROBLÈME

Le public a su percevoir cette énergie communicative et s’est joint avec engouement à ce joyeux rassemblement d’empêcheurs de tourner en rond. Sur un total de huit soirées, le festival a affiché complet pour six d’entre elles et a donc enregistré un taux d’affluence record. La billetterie a bondi de 10% par rapport à l’édition précédente, ce qui signifie bien que le Jamais Lu rejoint désormais un plus large public. On peut certainement imputer ce succès à l’ambiance chaleureuse, festive et propice à l’échange qui est devenu au fil du temps sa marque de fabrique. Un bar coloré pour les fêtards, une librairie foisonnante pour les plus littéraires et un coin bouffe épicé pour les gourmands, tous les ingrédients étaient réunis pour faire des Écuries un lieu ouvert qui invite à la rencontre.

On se souviendra de chacun de ces moments intenses, touchants et incroyablement humains. On les range avec précaution dans notre album souvenir en attendant avec une impatience non dissimulée le 13e Festival du Jamais Lu..

© photo: Davis Ospina