« Trois » de Mani Soleymanlou – Une belle façon de finaliser le 16e carrefour de Théâtre

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Mani Soleymandou
Mani Soleymanlou

Une trilogie de 4 heures avec deux entractes pour deux autres jours (6 et 7 juin en après-midi à 15 h) au théâtre de la Bordée pour tout savoir de l’identité.

J’avoue avoir pensé que ce serait long trois heures 20 de spectacle et pourtant j’en aurais pris encore. Mani est drôle, il est un peu comme notre Jean-Marc Parent, avec un mot, il peut nous parler facilement une heure de temps. Sa pièce est bien structurée, drôle, on ri souvent et en même temps, le sujet nous porte à réfléchir et à se poser plein de questions.

D’où vient l’idée de cette pièce ?

D’un lundi découverte pour parler de son pays l’Iran, mais aussi sûrement d’un vide identitaire ce qui aurait eu pour effet en 2012 de crée Un, (monologue autobiographique, où Mani explore ce qu’il appelle son vide identitaire). Il approfondit l’idée en 2013, dans Deux, avec le dialogue avec Emmanuel Schwartz, montréalais d’origine juive anglophone par son père et canadienne-française catholique par sa mère, il reprend, et analyse Un. Il finalise en 2014, en orchestrant Trois avec une quarantaine d’artistes aux ascendances diverses. Les trois spectacles forment une trilogie, aussi intitulée Trois.

Pour mieux comprendre Mani Soleymanlou

Né à Téhéran, Mani déménage à Paris avec sa famille à l’âge de deux ans, puis à Toronto, ensuite à Ottawa et enfin à Montréal, où il étudie à l’École nationale de théâtre. À Paris, il est Iranien, à Toronto, il est Français-Iranien-Canadien, à Montréal, on lui dit : tu es Québécois ! Mais il ne se sent pas vraiment Iranien, ni tout à fait Canadien, ni tout à fait Québécois…

Deux: Emmanuel Schwartz et Mani Soleymanlou
Deux: Emmanuel Schwartz et Mani Soleymanlou

Depuis sa sortie de l’École nationale de théâtre du Canada en 2008, Mani Soleymanlou est très actif sur la scène  montréalaise   et il a   participé   à   plusieurs productions   théâtrales   remarquées.   (En 2008 La fausse malade, en 2009 Les pieds des anges, Chroniques d’Emmanuel Schwartz, Rouge gueule, en 2009 et 2010 The Dragonfly, en 2011 Projet Andromaque)

Il a aussi gagné de nombreux prix dont le prix de l’Association québécoise des critiques de théâtre, saison 2012-2013, dans la catégorie « Interprétation masculine » et finaliste dans la catégorie « Meilleur texte original » pour le spectacle Un.

PLACE AU SPECTACLE

Comme décor, 45 chaises sont alignées face à nous et Mani fait une entrée humoristique. Il commence seul durant une heure avec son premier spectacle « UN ».

  1. Un monologue autobiographique sur sa quête identitaire. Il nous raconte qu’il a été invité à parler de son pays, mais il se sent comme un imposteur puisqu’au fond, il ne le connait pas ce pays, il ne sait ni l’écrire, ni le lire. Il entrecoupe son monologue comme on fait des scènes de cinéma. Iran/Paris/Toronto/Ottawa/Montréal/sa mère/ses voyages dans son pays avec sa famille/ l’homme de son pays/ la femme de son pays, etc. Il a une façon extraordinaire de nous raconter les choses et les gens, il est intéressant et capte notre attention. Il bouge, change de ton, danse. Mani nous parle du 12 juin 2009 où les gens ont été dans la rue voter pour se donner le droit d’exister. Les gens avaient en rêve « un Iran différent et libre ».

  1. Il poursuit avec « Deux » en confrontant les idées avec un Québécois de souche, Emmanuel Schwartz. Ce n’est pas un dialogue face à face avec questions et réponses. Non, ils reprennent le scénario de Un (la première pièce), et Schwartz joue brillamment le rôle de Mani. Les deux amis ont une très belle complicité, on ri beaucoup de leur pitreries. Les deux parlent en même temps à l’occasion comme les Denis Drolet, et font même des petites chorégraphies de danse en s’imitant.

Le groupe chantant We are the  World
Le groupe chantant We are the World
  1. « Trois » multiplie les points de vue et les opinions sur la quête identitaire en réunissant une quarantaine de personnes de différentes nationalités cherchant un sens, une recherche perpétuelle à la fameuse question « Qui-suis-je ?» Un chef d’œuvre cette pièce où la mise en scène est extraordinaire, un mélange d’un peu de tout : lipsing, danse, chants, humour, paroles où chacun à tour de rôle s’exprime sur qui ils sont, d’où ils viennent. La finale ne nous donne pas de réponse, nous savons que nous sommes tous un peu différents, que nous sommes tous un peu seul parmi la foule, mais le dernier dialogue nous invite à continuer à marcher vers notre découverte.

Crédits

Trois est une création d’Orange Noyée en coproduction avec le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui et le Festival TransAmériques avec le soutien de la Fondation Cole

Texte, mise en scène et interprétation Mani Soleymanlou
Collaboration au texte et interprétation Marcelo Arroyo, Sounia Balha, Rashel Bessette, Adrien Bletton, Jean-Robert Bonneau, Jérémie Brassard, Marco Collin, Andréanne Daigle, Mohsen El Gharbi, Gabriel Favreau, Jonathan Fortin, Geoffrey Gaquère, Karine Gonthier-Hyndman, Mathieu Gosselin, Joanie Guérin, Talia Hallmona, Charles-Aubey Houde, Maxime Isabelle, Audrey Lachapelle Larivée, Justin Laramée, Denis Lavalou, Dominique Leclerc, Alexis Lefebvre, Simon-Xavier Lefebvre, Lucie M. Constantineau, Leyli Machouf, Jean-Moïse Martin, Mireille Metellus, Marie-Laurence Moreau, Iannicko N’Doua, Rodley Philogene-Pitt, Bruno Piccolo, Gabrielle Poulin, Christophe Rapin, Emmanuel Schwartz, Mazyar Shahcheraghi, Elkahna Talbi, Ines Talbi, Leïla Thibeault-Louchem, Cynthia Wu-Maheux

Trois: le groupe
Trois: le groupe de comédiens

Assistance à la mise en scène et régie Jean Gaudreau
Lumière Erwann Bernard
Conception sonore Larsen Lupin
Co-metteur en scène Un et regard extérieur Deux Alice Ronfard
Direction de production Catherine Desjardins-Jolin
Direction de production Un et Deux Catherine La Frenière
Scripte Béatrice Gingras
Dramaturgie Chantal Poirier
Direction technique à la création Caroline Ferland
Éclairagiste de tournée Olivier Gaudet-Savard

Production Orange Noyée

La compagnie Orange Noyée était en nomination en mars 2015 comme finaliste du Grand Prix du Conseil des arts de Montréal. Elle tient à remercier :

La Fondation Cole, L’École Nationale de Théâtre du Canada, Alexia Bürger, Catherine La Frenière, Denis Gravereaux , Ève-Chems de Brouwer, Matthieu Girard, Jack Udashkin (Théâtre La Chapelle) Xavier Inchauspé, Agents de tournée Menno Plukker Theatre Agent, Inc.

GALERIE PHOTOS : https://www.flickr.com/photos/infoculturephotos/sets/72157654083315005

Crédit photo : Lise Breton

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