« Trois » de Paul-André Fortier à l’Agora de la danse à Montréal

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Trois © Marlene Gelineau Payette
Trois © Marlene Gelineau Payette

Aucune trace ou presque de ballet classique dans Trois, cette performance de danse contemporaine découpée en sept scénettes, et qui est présentée à l’Agora de la danse (dans le nouvel édifice Wilder) après avoir circulé dans différents lieux in-situ tels que l’Hôtel Le Germain ou Fou d’ici à Montréal. Trois, ce sont trois danseurs, deux hommes et une femme, qui s’adonnent à un jeu de séduction, d’amour et de tendresse, non dépourvu d’un certain humour par moments.

Dans un jeu qui alterne, solo et duos, la danseuse semble à la recherche de l’attention amoureuse d’un des deux hommes qui répondent avec plus ou moins d’intérêt à ses sollicitations.

Sur une musique très subtile qui fait surtout entendre le silence, elle passe d’un danseur à l’autre sous le regard de biais ou prétendument absent de celui qui devient le témoin de cette danse amoureuse. Les danseurs ne se contentent pas de jouer de leurs corps avec brio. Généralement par paire, ils se font parfois bruiteurs lorsque le troisième est comme enfermé dans un faisceau de lumière qui l’oblige à danser dans une sorte de cage à base carrée. Dès qu’il sort de cette prison virtuelle, le chant – insolite et presque comique des deux autres – s’arrête instantanément, marquant la frontière entre le dedans et le dehors pour le danseur.

Cette apparente logique déroge bien sûr à toute règle prévisible pour le spectateur. Et c’est ce qui fait la beauté de la performance.

Entre la musique et les corps agiles qui se contorsionnent, les prédictions du spectateur sont toujours mises en échec, même si une certaine répétition se fait entrevoir.

Trois © Marlene Gelineau Payette
Trois © Marlene Gelineau Payette

Mais tout cela n’est qu’interprétation. En tant que spectateur, le fait d’imaginer une certaine narration est un quasi réflexe pour donner sens à l’esthétique du mouvement. Les trois danseurs sont excellents. Un petit effort pour harmoniser les costumes aurait été le bienvenu selon moi. L’ensemble est toutefois très réussi, autant visuellement que musicalement, et les petites touches d’humour n’enlèvent rien, au contraire, au plaisir du spectateur.

 

Trois, les 22 et 24 novembre 2017 à 19 h, et le 25 novembre 2017 à 16 h, à l’Agora de la danse – 1435 rue De Bleury à Montréal

Compagnie Fortier Danse-Création

Chorégraphie Paul-André Fortier

Interprétation Karina Champoux, Mark Medrano, Naishi Wang

Musique Jackie Gallant, Alexander MacSween

Scénographie Jean-Benoit Pouliot

Éclairages Lucie Bazzo

Costumes Denis Lavoie

Assistante du chorégraphe et répétitrice Ginelle Chagnon

Direction technique Karyne Doucet-Larouche

Informations : www.agoradanse.com

www.fortier-danse.com