Tout comme les tortues, un deuxième coup de foudre littéraire pour la plume de Marie-Christine Chartier!

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Marie-Christine Chartier avait séduit les lecteurs en 2018, avec son premier roman L’allégorie des truites arc-en-ciel, aux éditions hurtubise. Elle récidive cette année avec Tout comme les tortues. Un roman tout aussi poignant, écrit avec finesse, justesse et une grande poésie des mots qui en fait à nouveau, pour moi, un coup de foudre littéraire pour cette plume dont j’adore savourer les métaphores, les dialogues rythmés et les personnages remplis de contradictions et de quêtes inassouvies.

Résumé : Samuel et Ariane sont amis depuis leur enfance, amoureux depuis presque aussi longtemps. Cependant, certaines décisions déchirantes peuvent ébranler la fondation d’un couple, même le plus solide. Malgré toute leur volonté, leur amour n’a pu faire oublier des blessures trop profondes. Bouleversée, Ariane a fui en Amérique du Sud, où elle a tenté tant bien que mal d’oublier Samuel. Un an plus tard, Samuel s’est refait une vie du mieux qu’il a pu avec Anaïs, une fille douce, aimante et, surtout, à l’opposé de son ancienne blonde. Il sait bien qu’elle ne remplacera jamais Ariane, mais il essaie tout de même de se convaincre que ça lui suffit. Anaïs aime Samuel. Sûrement trop, en fait. Au fond d’elle, elle sent que leur relation a une date de péremption, mais elle choisit de vivre sur ce temps emprunté. Comme chaque cours d’eau finit par rejoindre l’océan, Ariane revient de son périple. Et son retour chamboulera leur vie à tous les trois.

 Marie-Christine a choisi de nous faire découvrir ses personnages principaux et les liens qui les unissent, avec une narration à trois voix. Ainsi, nous plongeons dans la tête de chacun d’eux, à tour de rôle, nous permettant d’avoir accès à leur vision de la vie, des événements et une plus grande clarté de leurs émotions. Car des émotions, il y en a beaucoup et notre cœur bat pour chacun de ces personnages auxquels on s’attache dès les premières pages.

J’aime qu’on apprenne peu à peu la vie de ces trois personnes, par brides, selon les souvenirs qui remontent à la surface et qui nous permettent de faire des liens, de comprendre ce qu’ils ressentent et vivent aujourd’hui, suite à ces divers événements qui ont forgé leurs personnalités au fil du temps.

J’aime aussi qu’il soit préférable de lire ce roman lentement, pour en savourer les mots, mais aussi pour bien s’imprégner des émotions. Comme tous les romans dont j’ai eu un coup de cœur, j’ai ce sentiment ambivalent à la lecture, où j’ai hâte de connaître la suite, mais je veux y aller lentement, car je veux rester dans cet univers le plus longtemps possible.

Ce roman est avant tout une histoire d’amour, de triangle amoureux jusqu’à un certain point, mais c’est surtout une réflexion sur les conséquences de nos choix de vie, sur les deuils à faire, les blessures dans un couple, la force du temps, la guérison et le pardon à l’autre, mais aussi à soi-même. Ce roman me touche particulièrement, puisqu’il vient résonner fort dans mes propres expériences de vie passée. Et Marie-Christine a bien su aborder ces sujets épineux et parfois controversés avec doigté, finesse et une grande justesse.

J’adore sa plume avec toutes ses métaphores imagées que je prends parfois même la peine de lire et relire, tellement je trouve belle sa poésie des mots.

Exemple dès la première page du roman : « Le vent douloureux de janvier m’accueille en se faufilant dans les plis de mon manteau, me coupant le souffle et me gelant les poils des narines.» Quelle image forte pour me faire ressentir ce froid glacial?!

En page trois, je retiens aussi ces phrases pour décrire Ariane : «… j’ai beau être toute menue, j’ai souvent l’impression de peser des tonnes. Il paraît que le muscle est plus lourd que le gras, mais jamais personne ne parle du poids insensé des angoisses.»

 Je n’en dirai pas plus sur l’histoire racontée, car il est préférable que le lecteur découvre lui-même ces personnages et ce qui les fait vibrer.

Je me dois de mentionner la superbe page couverture, avec cette image d’une tortue et des deux visages à l’intérieur. Cette image prend tout son sens, vers la fin du livre, lorsque Théo explique à sa sœur pourquoi elle est tout comme une tortue. C’est beau, et cela fait tellement de sens.

Ancienne athlète de haut niveau en tennis, Marie-Christine Chartier a vécu six ans aux États-Unis à la suite de l’obtention d’une bourse d’études pour étudier à Iowa State University. De retour au Québec, elle entame un doctorat en psychopédagogie à l’Université Laval. Parallèlement à ses études, elle se passionne pour l’écriture. Après L’allégorie des truites arc-en-ciel, qui a connu un beau succès critique et commercial, elle nous revient avec ce deuxième roman.

Prix : 19.95$

Nombre de pages : 232 pages

Date de parution : 11 septembre 2019

Éditions Hurtubise

http://editionshurtubise.com/

mon article sur : L’allégorie des truites arc-en-ciel,

https://info-culture.biz/2018/05/27/lallegorie-truites-arc-ciel-coup-de-foudre-litteraire/