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Ce roman rassemble de nombreux courriels échangés entre des personnages sans scrupules, pervers et fallacieux qui évoluent dans le domaine de l’édition et de la mode à l’heure des communications électroniques et de la propagation du sida. Jeux de séduction, trahisons amoureuses, rivalités de pouvoir et campagnes de salissage constituent les pièces de ce puzzle psychologique.
 
La photo de la page couverture démontre assez efficacement le contenu de ce livre. Un homme nu devant son ordinateur portable qui écrit des courriels. Cela se résume assez bien.
 
C’est la première fois que je lis un roman qui est construit sous forme de courriels que les gens s’échangent. Puisqu’il n’y a aucune introduction des personnages, dès le départ, j’ai eu de la difficulté à voir les liens qui unissent tous ces gens qui se parlent par courriels.
 
Une fois cette adaptation faite, j’ai pris un certain plaisir à ce nouveau genre d’histoire, que l’on suit par l’intermédiaire de quelqu’un qui raconte à une autre personne ce qui s’est passé dans sa vie. Je me suis sentie tout à coup voyeuse, comme si j’interceptais le courrier des autres, ou si j’écoutais aux portes. Cela ne m’était pas désagréable.
 
Cependant, ce genre de lecture n’est pas ma tasse de thé. Au fil de la lecture, j’ai trouvé qu’il y avait des longueurs, beaucoup de paroles, peu d’action.  En résumé, ceux qui se parlent d’amour dans ce livre n’ont pas eu de sexe ensemble, tandis que les autres, eux, décrivent leurs parties de baises qui n’ont rien avoir avec l’amour. En voici un extrait assez révélateur d’un échange de courriel entre les deux pires crapules de ce livre qui mènent le jeu
 « Tu vois, un top insère sa bite dans n’importe quel trou juste pour vider ses couilles; mais se faire enculer, surtout de la bonne manière, s’avère beaucoup plus complexe. Plus l’enculeur est bon, plus c’est difficile de refuser un deuxième service. Mais dès que tu t’es donné à un homme, tu ne peux plus lui offrir la sensation ultime qu’il ressent chaque fois qu’il nique un nouveau morceau de viande anonyme. Même un glory hole peut fournir une charge sexuelle plus immédiate à un homme que le troufignon le plus exquis déjà empalé. Les hommes sont ce qu’ils sont : des cochons! »
Pour eux, ce n’est qu’un jeu de pouvoir, de domination, de manipulation. Les personnages de Victor et Terry sont de grands manipulateurs. Ils se lancent des défis de séduire un hétéro, ou de devenir le premier mec d’un jeune puceau. L’on suit alors les jeux du chat et de la souris entre les divers intervenants. Également, nous assistons aux échanges de lettres enflammés de deux jeunes chauds lapins, collègues de travail qui ont été séparés, qui pensent s’aimer d’un amour véritable et profond, sans avoir vraiment eu l’opportunité de se faire l’amour avant d’avoir été séparés.
 
Pendant 400 pages, nous assistons à ces échanges d’intimités, d’insanités, de machinations et de pures naïvetés entre des êtres, qui, à mon avis, ne font pas la différence entre l’amour véritable, le sexe et le pouvoir. Ajoutez à cela l’avènement du virus du VIH et le sexe anal sans protection et vous vous doutez bien que cette histoire ne va pas bien se terminer.
 
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Don Bapst
Né à Chicago, Don Bapst a vécu à New York, San Francisco, Londres, Paris, Ouagadougou, Montréal et Toronto. Ses écrits ont été publiés dans diverses revues et anthologies. Il est également dramaturge, cinéaste et traducteur du français à l’anglais.
 
Nombre de pages : 400
Prix : 26.95 $ (version papier ) 15.75 $ (version numérique)
Livre pour les 18 ans et +
 
 
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