Le long retour

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‘ C’est terrible d’entrevoir ce qui nous échappe’.

 

Naïm Kattan  offre au lecteur un roman dont le fil d’Arianne  est l’importance de la tradition religieuse dans la vie de ses personnages. Principalement la tradition juive. Et il nous montre les

aléas sur l’équilibre psychique des personnages d’une tradition non acceptée et d’une religion non pratiquée. D’autant plus que religion et culture se métissent dans les collectivités juives.

 

Les âmes sont tourmentées par cet appel du passé. Leur enfance remontant à la surface. Des regrets culpabilisants sont le fait de leur quotidien. Il n’y a pas d’esclandres chez les personnages de Kattan. On dirait un long fleuve qui coule sans vagues majeures.

 

Le long retour n’est en fait qu’un lent retour de l’enfance à la surface. Bien que l’écriture soit limpide,  il est difficile de saisir le fil conducteur et avec précision le terminus vers où l’auteur veut amener son lecteur. On peut même regretter une allusion malicieuse à René Lévesque, gratuite et sans pertinence pour l’histoire.

 

À la mort de son père, l’architecte Léo Schwartz rentre à Montréal après trente ans passés à Buenos Aires. Il reprend contact avec ses sœurs Zelda, Ruth, Berthe et avec son frère Maxime. Tout le monde a changé. La ville elle-même n’est plus ce qu’elle était. Léo s’y promène, la photographiant sous tous ses angles, au gré des retrouvailles. Sa jeunesse, la vie familiale, tout resurgit au coin d’une rue, dans un salon ou un bureau, le laissant déconfit jusqu’au moment où il fait la connaissance de Julia, une pianiste. Tout à coup, c’est l’avenir même que peut dessiner

l’architecte dans la réalisation de leur maison.

 Le Long Retour est un roman vivant, souvent dialogué, riche de réflexions sur l’architecture, la musique et sur une ville fragmentée où l’amour permet de franchir toutes les barrières.

 

Il en va des quartiers des âmes des personnages comme des quartiers de la ville. Divisés en ghettos. La réussite de la vie de chacun, semble hors de portée pour la plupart des personnages.

 

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Né à Bagdad, Naïm Kattan vit depuis plus de cinquante ans à Montréal, ville de sa seconde naissance dont il célèbre dans ses écrits la diversité et l’originalité. Connu internationalement, l’essayiste, romancier, nouvelliste et dramaturge a reçu en 2004 le prix Athanase-David pour l’ensemble de son œuvre. Il est membre de l’Académie des lettres du Québec.

 

Nombre de pages : 300

Prix suggéré : 24,95 $

 

 

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