Les femmes du 6e étage

Depuis le 3 juin, le film français Les femmes du 6e étage a pris l’affiche dans quelques cinémas au Québec.

Synopsis 

Paris, années 60. Jean-Louis Joubert, agent de change rigoureux et père de famille « coincé », découvre qu’une joyeuse cohorte de bonnes espagnoles vit… au sixième étage de son immeuble bourgeois. Maria, la jeune femme qui travaille sous son toit, lui fait découvrir un univers exubérant et folklorique à l’opposé des manières et de l’austérité de son milieu. Touché par ces femmes pleines de vie, il se laisse aller et goûte avec émotion aux plaisirs simples pour la première fois. Mais peut-on vraiment changer de vie à 45 ans?

Je ne suis pas une habituée des films français, il faut le dire, alors je ne savais pas du tout à quoi m’attendre avec ce film. Cependant, la bande-annonce et le synopsis semblaient annoncer une comédie charmante. Et je peux dire que j’ai été servie…

Cette rafraichissante comédie romantique est empreinte d’humanité, d’entraide, de dévouement et de bonté. Un vrai « feel good movie » pour l’âme, de quoi se réconcilier avec le genre humain. On ne peut sortir de la salle sans avoir une joie au cœur et une légèreté dans l’âme.

L’histoire est bien amenée. Dès le départ l’on nous démontre bien la différence entre la bourgeoisie des familles riches dans les années 60 en France et les immigrantes espagnoles qui ont quitté leur pays pour assurer leur survie en devenant domestiques pour ces familles bien nanties. En quelques minutes le public s’attache à ces femmes qui ont peu et trament dur, mais s’émerveillent de tout et se contentent de presque rien. Elles ont le cœur sur la main et l’entraide au bout de leur balai. Elles forment une famille comme il ne s’en trouve plus. À l’opposé, l’on voit la froideur et l’ennui qui s’est installé au fil du temps dans ce couple bourgeois dont les enfants encombrants ont été relégués au pensionnat.

Peu à peu, l’on assiste à la transformation de cet homme d’affaires à la remorque de sa femme, en un homme humain et jovial qui voit au bien-être de ses locataires qu’il vient de découvrir. Fabrice Luchini est un acteur avec un immense talent. Avec un jeu sobre et discret, il sait conquérir le public d’un seul regard ou d’un bonjour bien senti. Jamais l’on ne doute de la véridicité de ses actes et de ses sentiments.

Aussi, Natalia Verbeke qui incarne la douce et jeune Maria, sait également se faire aimer dès le premier coup d’œil, avec son sourire charmant et ses yeux rieurs. Elle émane d’une belle joie de vivre, tout comme ces autres femmes espagnoles. Une belle leçon de vie.

Naturellement, une histoire d’amour se développe entre ces deux êtres, doucement, progressivement, mais sans tomber dans la guimauve. Pour sa part, Sandrine Kiberlain, bien qu’elle incarne le rôle de la patronne bourgeoise contrôlante, le public ne peut s’empêcher de la trouver attachante et un brin naïve.

Le réalisateur français, Philippe Le Guay, réussit l’exploit de nous faire aimer tous ces personnages, de nous faire découvrir l’univers de ces bons vivants et cela, sans jamais basculer dans le méchant, le jugement de valeur ou le cliché. Un beau brin de folie, de fraîcheur, telle une douce brise à la fin d’une journée ensoleillée.

 

Réalisateur : Philippe Le Guay

Scénario : Philippe Le Guay, Jérôme Tonnerre, Sylvie Koechlin

Acteurs : Fabrice Luchini, Natalia Verbeke, Sandrine Kiberlain, Carmen Maura, Lola Dueñas, Berta Ojea, Nuria Solé, Concha Galan et Marie Armelle Deguy

Produit par : Philippe Rousselet

Les Films Christal / Les Films Séville

Présenté dans les salles suivantes dans la région de Québec : Beauport, Le Clap, Lido

Durée : 1h46

 

Crédit photos : Les Films Séville