« Les Amants trahis » et 3 autres cantates

Les Amants trahis
Les Amants trahis

Jean-Philippe Rameau (1683-1764) consacrera une grande partie de sa vie et de son œuvre, à l’art lyrique. Mais c’est à travers ses cantates à caractère profane, dont six sont parvenues jusqu’à nous, qu’il aiguisera tout d’abord sa plume dramatique. Sous étiquette ANALEKTA, en voici quatre, quatre superbes cantates, véritables petits bijoux réunis dans un seul album qui porte le titre de l’une d’entre elles : Les amants trahis.

Si les deux cantates Thétis, et Aquilon et Orithie, d’inspiration mythologique,sont de savoureuses œuvres de jeunesse, le récit pastoral, Le berger fidèle, porte quant à lui, le sceau distinctif du lyrisme de Rameau : vigueur, équilibre et clarté y sont palpables dès les premières mesures. On retrouve bien entendu dans cet enregistrement la fameuse cantate Les amants trahis dans laquelle Rameau y dévoile toute sa palette expressive. Dans une verve comique qui préfigure Platée, deux amoureux abandonnés se plaignent de leurs maîtresses : l’un se sert des larmes, l’autre des railleries…

Point d’artifices ici ! Les mots et le message, chers au compositeur, sont portés divinement par deux voix, celle de la soprano Hélène Guilmette, et celle du baryton-basse Philippe Sly, tous deux récipiendaires de nombreux prix prestigieux et détenant tous deux une feuille de route impressionnante. Elles sont soutenues par l’ensemble instrumental, Clavecin en concert constitué du claveciniste de renommée internationale, Luc Beauséjour,ainsi que des excellents musiciens Adrian Butterfield et Chloé Meyers aux violons, Grégoire Jeay à la flûte, et Mélisande Corriveau à la viole de gambe.

Bien que le genre « cantate » importé d’Italie ait séduit le public français de l’époque et se soit rapidement adapté à ses goûts, Rameau lui, en digne théoricien de la musique, y voyait surtout un moyen rafraîchissant de « nourrir l’esprit, y échauffer la verve, et rendre insensiblement capable de plus grandes choses». C’est ainsi que l’œuvre lyrique de Rameau, s’imposera avec force tout au long du XVllle siècle. Avec ce nouvel album à son catalogue, ANALEKTA rend hommage à cette figure marquante du Classicisme français, à sa passion pour l’art, à sa recherche d’excellence et à son immense culture.

Philippe Sly a déjà remporté nombre de prix importants dont le premier prix du Concours Musical International de Montréal, le Concours des auditions nationales du Metropolitan Opera en 2011, le prix jeune soliste 2012 des Radios francophones publiques, ainsi que la bourse d’opéra Brian Law à Ottawa en 2010. Philippe Sly a récemment créé le rôle d’Archibald Craven lors de la première mondiale de The Secret Garden de Nolan Gasserau San Francisco Opera et sera également Guglielmo dans Così fan tutte.

La carrière internationale d’Hélène Guilmette prend définitivement son envol après son 2e prix au prestigieux Concours Reine Élisabeth de Belgique en 2004. Se succèdent ensuite les rôles de Pamina (Flûte enchantée/Mozart) à Bruxelles, Mélisande (Ariane et Barbe-Bleue/Dukas) et Amour (Orphée et Eurydice/Gluck) à l’Opéra de Paris, Susanna (Noces de Figaro/Mozart) à Lille, Montréal, Montpellier et Paris, Thérèse (Mamelles de Tirésias/Poulenc) à Lyon et à l’Opéra comique de Paris et bien d’autres.

Le claveciniste et organiste Luc Beauséjour n’est jamais à court d’idées quand vient le temps de proposer des programmes de concerts empreints de raffinement et d’authenticité. Sa personnalité engageante et son éloquence font de lui un musicien recherché tant pour sa virtuosité que pour sa facilité à communiquer avec tous les publics. Luc Beauséjour a mené une trentaine de projets de disques, principalement pour Analekta, à la fois comme soliste et directeur musical

photo: courtoisie