American Idiot, l’événement musical un spectacle unique, à l’image de la musique de Green Day !

American Idiot, l'événement musical
American Idiot, l’événement musical

Après avoir connu un énorme succès sur Broadway, l’opéra-punk-rock American Idiot l’événement musical, inspiré de l’œuvre du groupe Green Day et écrit par son chanteur Billie Joe Armstrong et le metteur en scène Michael Mayer, était de passage pour la première fois au Québec, soit au Grand Théâtre de Québec les 2 et 3 janvier dernier, puis les 4 et 5 janvier à la Place des Arts de Montréal. 

Ce spectacle musical basé en grande partie sur les chansons de l’album de 2004, American Idiot de Green Day, est un spectacle unique, à l’image de la musique de Green Day : agressif, enragé, électrisant, énergique et… chastes oreilles svp s’abstenir.

De la rage au cœur, en passant par l’énergie du désespoir jusqu’à l’amour victorieux! Voilà en résumé la gamme d’émotion qui submerge la scène du Grand Théâtre par cette explosion de musique, danse et chant que nous offrent en abondance ces 17 jeunes artistes talentueux accompagnés de 6 musiciens avec cet opéra punk-rock des plus original.

La pièce raconte le destin de Johnny et de ses amis Will et Tunny, trois jeunes désabusés qui cherchent un sens à leur vie dans le monde après ce fatidique jour sombre du 11 septembre et qui souhaitent quitter leur triste banlieue américaine pour la grande ville et trouver l’endroit idéal pour eux. Mais, avant même leur départ, Will choisit de demeurer chez lui auprès de sa copine qui lui apprend qu’elle est enceinte. Peu de temps après leur départ, Tunny quitte aussi l’aventure pour se lancer dans la dure réalité de l’armée laissant Johhny seul à l’assaut de la grande ville. Ce dernier sera séduit par une fille ‘Whatsername’, mais encore plus grandement séduit par la drogue qui le conduira à la déchéance.

A déconseiller aux enfants!
A déconseiller aux enfants!

Les sujets abordés dans ce spectacle grandiose ne sont pas très roses: la dépendance, la dépression, l’anxiété, les médias, l’armée (militaire) l’amour, la haine, la mort et naturellement, sexe, drogue et rock & roll, tout cela ponctué de langage vulgaire et gestes de doigts d’honneur, sans compter les images de ‘shot’d’héroïne, et de baises simulées… on peut dire que ce n’est pas un spectacle pour les enfants, mais c’est spécifiquement écrit à l’entrée de la salle pour en avertir les gens.

Les fans de musique de Green Day seront extrêmement ravis de ce spectacle, et les amateurs de théâtre et de danse aussi seront agréables servis. Avec 21 chansons entrainantes pendant 1 h 40, des chorégraphies énergiques fort ingénieuses qui surprennent (car la musique punk n’est pas nécessairement la plus facile à chorégraphier), une mise en scène hallucinante (avec tous les musiciens toujours présents sur scène, et au moins une bonne douzaine de chanteurs/danseurs constamment en mouvements à tout moment), le public du grand théâtre a été conquis, et a réservé une ovation debout de plusieurs minutes à la fin du spectacle, sans compter tous les applaudissements très ressentis entre presque chaque chanson.

Jared Nepute (Johnny), Casey O’Farrell (Will) and Dan Tracy (Tunny)
Jared Nepute (Johnny), Casey O’Farrell (Will) and Dan Tracy (Tunny)

La pièce débute par la chanson American Idiot, et dès les premières secondes, le public est conquis par la fougue de ces jeunes talents, et ce, malgré le fait qu’on doit s’habituer à entendre ces chansons interprétées par d’autres chanteurs et parfois mêmes chanteuses que les originaux. Les interprètes masculins — Jared Nepute (Johnny), Casey O’Farrell (Will) and Dan Tracy (Tunny) offrent à mon avis, une moins bonne performance vocale que les filles Mariah MacFarlane (Heather) et Olivia Puckett (Whatsername) qui ont des voix hallucinantes. Le seul qui se démarque est celui qui joue le rôle de St.Jimmy (Daniel C. Jackson). Mais au niveau de la danse, et de la théâtralité, tous les artistes donnent une performance époustouflante.  

Il y a plusieurs moments dans le spectacle qui m’ont vraiment impressionné. Au niveau des chorégraphies, je dois lever mon chapeau au synchronisme et à la complexité des déplacements. J’ai adoré entre autres lorsque la grande échelle (échafaud) se fait mettre sur le côté pour devenir un véhicule (style autobus ou camion) et que les divers artistes s’y accrochent, se déplacent, s’y pendent. Bref un moment génial.

L'ensemble avec le décor
L’ensemble avec le décor

Au niveau des décors et de la mise en scène, je dois dire qu’ils ont fait preuve d’une grande originalité. Avec une paroi énorme de métal (faisant penser à un vieux local désaffecter ou une ruelle en ruine) auquel on retrouve une vingtaine de télés fixées un peu partout qui présentent diverses scènes pertinentes à tout moment,  on se promène aisément d’un stationnement d’un dépanneur, à une zone de guerre, en passant par le salon de Will en banlieue, à la chambre de Johnny dans la grande ville, à l’hôpital pour les rescapés de guerre, à une ruelle de la grande ville. Bref, quelques changements d’accessoires, déplacement du grand escalier/échafaud et on y est. Parfois, on a trois scènes qui se déroulent en même temps sous nos yeux, en trois lieux différents, sans que l’on ne soit mélangé. Et bien que ce soit en anglais et qu’il y a des surtitres affichés en haut de la scène pour les parties non chantées, il n’est vraiment pas nécessaire de lire, les histoires de suivent et se comprennent aisément, sans paroles.

Pour permettre un synchronisme parfait, le directeur musical Evan Jay Newman (également le pianiste), dirige à la main les musiciens, David Abrams (guitariste), Diego Rojas (guitariste), Josh Sebo (base) et Ben Marino (batterie) ainsi que les chanteurs/danseurs, sur le côté de la scène, mais en étant filmé dans ses mouvements, pour que les artistes le voient sur un écran placé derrière les spectateurs dans la régie. Une vraie belle idée!

Mariah MacFarlane (Heather)
Mariah MacFarlane (Heather)

Au niveau de l’éclairage, c’est un travail colossal que ces gens accomplissent, puisqu’il y a plusieurs moments-clés où la lumière doit s’éteindre pour se rallumer sur un autre endroit bien précis pour la suite de l’action, et je n’ai détecté aucune erreur de synchronisme. De plus, on a droit aussi à quelques moments d’effets stroboscopiques bien placés.

Au niveau musical, parmi les chansons, on retrouve certaines pièces de l’album 21st Century Breakdown et naturellement majoritairement les pièces de American Idiot et une pièce inédite When It’s Time. On retrouve entre autres Know Your Enemy, Give me Novacaine, 21 Guns, Holiday, Boulevard of Broken Dreams. Mais honnêtement, c’est Wake me up when September ends que j’attendais le plus et qui m’a séduite assurément.

Et que dire de l’apogée finale, lorsque tout le groupe de chanteurs/danseurs s’unissent avec chacun leur guitare pour entamer Good Riddance (Time of Your Life), ma chanson fétiche de Green Day. Sur cette pièce et sur quelques autres également, certaines paroles ont été changées des originaux, pour concorder avec les histoires racontées et je dois dire qu’à la toute fin, j’avais des frissons sur les bras et j’aurais voulu que ce spectacle continu encore et encore! 

American Idiot, l'événement musical
American Idiot, l’événement musical

Quelques faits intéressants

AMERICAN IDIOT a été nommé dans la catégorie de la « Meilleure comédie musicale » aux prix Tony® et gagnant du prix Grammy de la « Meilleure trame sonore de spectacle musical ». Le livret est d’Armstrong et de Michael Mayer et la mise en scène est du gagnant d’un prix Tony®, Mayer (“Spring Awakening”).

AMERICAN IDIOT a  été présenté pour la première fois au Berkeley Repertory Theatre en septembre 2009, puis a fait plusieurs tournée, un peu partout dans le monde dont sur Broadway au St. James Theatre (mars 2010 – avril 2011) ainsi qu’en décembre 2011 à Toronto et continue sa tournée depuis.

American Idiot, l’événement musical

Les 2 et 3 janvier 2014 à 20 h

Représentations en anglais avec sous-titres.

Salle : Salle Louis-Fréchette

Prix des billets : de 55,50 $ à 87,50 $
* taxes et frais de service inclus. Frais variables selon le mode d’achat.

Trois représentations seront ensuite offertes à la Place-des-arts de Montréal les 4 (jour et soir) et 5 janvier.

Johnny……………………………………………………………………………………………………JARED NEPUTE

Will………………………………………………………………………………………………….CASEY O’FARRELL

Tunny………………………………………………………………………………………………………… DAN TRACY

Heather………………………………………………………………………………………MARIAH MacFARLANE

Whatsername……………………………………………………………………………………….OLIVIA PUCKETT

St. Jimmy………………………………………………………………………………………DANIEL C. JACKSON

The Extraordinary Girl……………………………………………………………………………..TAYLOR JONES

Ensemble…………………………………ALEX BONIELLO, LIAM FENNECKEN, SEAN GARNER,

ANTWAUN HOLLEY, ANDREW HUMANN, ALISON MOROONEY,

MICHAEL PILATO, TURNER ROUSE, JR., JOSEPHINE SPADA, CHELSEA TURBIN

BAND

Music Director, Keyboard: EVAN JAY NEWMAN;

Guitar 1: DAVID ABRAMS;

Guitar 2: DIEGO ROJAS;

Bass: JOSH SEBO;

Drums: BEN MARINO.

Liens :

www.americanidiotthemusical.com/

http://www.grandtheatre.qc.ca

 

galerie photos : http://www.flickr.com/photos/infoculturephotos/sets/72157639396012646/

 

Crédit photos : Philippe Moussette