Accro au malheur de Marie-Ève Potvin, une véritable thérapie par le rire !

Accro au Malheur
Accro au Malheur

Voici Accro au malheur, le premier roman de Marie-Ève Potvin, une auteure que j’ai eu le privilège de découvrir avec son humour grinçant et hilarant et avec certains moments plus touchants. Un livre pour se bidonner, se remonter le moral, se divertir et se rendre compte que notre vie n’est pas si pire que cela finalement.

Que faire quand rien ne va plus et qu’on ne peut pas prendre un an pour aller méditer dans un ashram ? Ancienne anorexique et éternelle anxieuse, Malika traîne sa vie depuis l’enfance. Elle a tout pour craquer : un couple qui n’en est pas un, un boulot qui l’ennuie et des collègues qu’elle méprise et qui le lui rendent bien. Elle décide de tout plaquer pour faire… une thérapie de groupe intensive. La grande illumination n’aura pas lieu : entre des séances collectives de « grattage de bobos » et une tentative de séduction d’un apprenti cuisinier, Malika se rend compte qu’elle ne sortira pas grandie de l’expérience. En revanche, elle se fait une vraie amie, tout en découvrant jusqu’où va sa résilience. Après son expérience de thérapie, Malika reçoit un cadeau troublant et décide d’entreprendre un voyage. Cette nouvelle étape, est-ce une errance, une erreur ou encore la seule façon d’en finir avec son mal de vivre ?

Ce que j’ai tout de suite apprécié de cette auteure, c’est qu’en quelques lignes seulement, elle a su captiver l’attention du lecteur et donner le goût de poursuivre la lecture avant même la fin du premier chapitre. Avec son personnage de Malika, mal dans sa peau, qui a l’impression de ne pas «fitter» nulle part, et qui semble être attirée par le malheur, on ne peut que s’identifier un peu à elle. Qui n’a pas eu une de ces journées où tout va mal? Qui n’a pas un jour ou l’autre l’impression de ne pas être à sa place? Bref, ce bouquin, j’y ai pris un réel plaisir à le lire.

Je me suis surprise à éclater de rire parfois, grâce aux répliques sarcastiques et l’humour ironique de la jeune femme Malika. Une vraie thérapie par le rire pour moi.

Extrait, lorsque Malika doit se présenter dans le groupe de thérapie «Après Bonjour, j’ai eu de nouveau un blanc…Mon cerveau semblait avoir quitté mon corps. Rien ne me venait qui aurait pu m’être utile pour me sortir dignement de cette situation. De toute façon, il y avait bien longtemps que la dignité avait quitté la pièce, avec ses amis amour-propre et retenue.»

Et bien qu’on aborde des thèmes qui pourraient sembler déprimants, comme l’anorexie, les dépendances aux drogues, alcool, sexe, et les thérapies de groupes, on pourrait penser que ce serait lourd à lire. Et bien au contraire, avec ce livre, on peut rire aisément de nos bobos et nos petits travers de la vie.

Également, je trouve cela très original lorsque la narratrice nous met en garde sur ce qu’on lira dans les prochaines pages et ce, dès le début du livre : «Avertissement, ce livre contient des scènes d’amour cuculs et un langage de thérapie de groupe pouvant ne pas convenir à tous les publics et offenser certains lecteurs.» D’emblée, je suis vendue à ce bouquin. Et par la suite, elle renchérit lors du chapitre sur la scène de cul «Pour ceux qui sont allergiques à ce genre de scène, vous pouvez sauter ce chapitre. (Avis à ceux qui ont déjà sauté celui d’avant : peut-être que vous devriez envisager de simplement cesser de lire ce livre…)» Trop drôle!

Donc, je peux dire que bien que ce soit son premier roman,  Marie-Ève Potvin est une écrivaine accomplie, avec une plume colorée, un humour que j’adore et je ne peux qu’espérer qu’elle aura d’autres bonnes histoires comme celle-là à nous faire connaitre.

 

Marie-Eve Potvin
Marie-Eve Potvin

 

Née à Sherbrooke, Marie-Eve Potvin détient un baccalauréat de l’Université du Québec à Montréal en communications, profil télévision. Après avoir été attachée de presse et avoir travaillé comme journaliste pour différents magazines québécois, elle devient recherchiste, puis recherchiste en chef à la télévision. Grande voyageuse, elle vit aujourd’hui à Montréal, où elle a écrit son premier roman, Accro au malheur. 

Nombre de pages : 256 pages
Prix 24,95 $

Éditions Stanké

http://www.editions-stanke.com/