« L’effet Hyde » au théâtre aux Écuries à Montréal

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L’effet Hyde © Mathieu Doyon
L’effet Hyde © Mathieu Doyon

Le bon Docteur Jekyll et l’inquiétant Mister Hyde font partie de ces personnages que nul ne peut ignorer désormais, dont le cinéma, le théâtre, la littérature et toutes les formes d’art se sont emparé à la suite de la publication par Robert Stevenson en 1866 de son bref roman intitulé Strange Case of Dr Jekyll and Mr Hyde. Avec ce couple mythique, ce sont deux personnages dans le titre, deux noms qui représentent deux hommes aux caractères et aux physiques totalement opposées, et qui se réduiraient semble-t-il à un seul et même individu dans le récit qu’en invente Stevenson. C’est l’adaptation assez fidèle du récit de l’écrivain anglais amateur de rêves et de mystères que la compagnie Le Théâtre de la Pire Espèce a choisi de mettre en scène en privilégiant peut-être l’un des deux personnages, comme l’indique le titre de la pièce, à savoir L’effet Hyde.

L’effet Hyde © Mathieu Doyon
L’effet Hyde © Mathieu Doyon

L’Effet Hyde…, et si ce n’était le « y » de ce nom, on entendrait l’effet caché, quelque chose du secret, d’un mystère que peu à peu dévoile le récit, encore qu’il puisse y avoir d’autres possibilités de lecture pour la clé de cette œuvre qui n’a pas fini d’inspirer les artistes et les penseurs. Car qu’est-ce qui se cache dans cette histoire? Que dissimule le respecté Docteur Jekyll en faisant de ce sombre personnage qu’est Edward Hyde son unique héritier, et en couvrant par là même ses actes de violence? Quand les méchants sont d’un côté et les gentils de l’autre, le monde semble mieux organisé et plus facile à comprendre. Mais comme bien souvent dans la vie, ce n’est pas ce qui se passe dans cette histoire…

Grâce à une mise en scène charmante qui mêle de belles marionnettes, des masques plus qu’intéressants, des objets divers comme une porte qui mène on ne sait où, des jeux d’ombres et de beaux petits décors de style victorien à quoi s’ajoute une délicate musique faite de bruits cristallins et étranges, quatre artistes dont un musicien plongent le spectateur dans l’atmosphère sombre et bizarre d’un quartier lugubre de Londres au XIXe siècle, de préférence la nuit… Rien d’effrayant en vérité, seulement des procédés pleins d’humour pour faire semblant d’avoir peur. Le Théâtre de la Pire Espèce est expert en la matière. Grâce à la manipulation des objets et leur transformation en être animés, les situations absurdes et drôles provoquées par la proposition même qui consiste à voir simultanément sur scène des marionnettistes et leurs marionnettes, le dédoublement est partout, non seulement dans le récit mais sur la scène aussi. Cela produit un bel effet en abyme qui permet sans doute de mieux penser cette histoire de pseudo recherche scientifique où le cobaye et le chercheur se confondent jusqu’à se griser l’un et l’autre de la confusion provoquée par la situation.

Docteur Jekyll et Mister Hyde n’ont pas fini de faire couler beaucoup d’encre et d’inspirer bien des artistes. User de marionnettes avec autant de talent que le Théâtre de la Pire Espèce est une entrée particulièrement agréable et ludique pour ce récit, et spécialement quand on ne le connaît que de ouïe dire.

L’effet Hyde du 6 au 24 mars 2018 au théâtre aux Écuries à Montréal

Festival les Casteliers du 8 au 11 mars 2018 à Montréal

Coproduction : Marcelle Hudon et le Théâtre de la Pire Espèce
Texte : Francis Monty, d’après L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde, de Robert Louis Stevenson
Mise en scène : Marcelle Hudon et Francis Monty
Masques, marionnettes et scénographie : Marcelle Hudon
Interprétation : Bernard Falaise, Louis Hudon, Marcelle Hudon et Francis Monty
Musique : Bernard Falaise
Codiffusion : Théâtre Aux Écuries

Informations : http://auxecuries.com/projet/l-effet-hyde-2018/