L’école des vertiges, de Tristan Malavoy, un livre-disque, qu’il fait bon écouter, et lire, pour se laisser raconter l’histoire de chacune des pièces, et rêver de voyage

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L’école des vertiges

L’école des vertiges, de Tristan Malavoy est un livre-disque, fruit d’une association entre Audiogram et les Éditions de l’Hexagone, qu’il fait bon écouter, et lire, pour se laisser raconter l’histoire de chacune des pièces, et rêver de voyage.

Le livre

Ces dernières années, Tristan Malavoy a usé ses semelles sur quelques continents. Il en a rapporté dix chansons qui nous parlent du mouvement de la route et des saisons amoureuses, mais aussi une foule d’anecdotes et de réflexions à vif, égrenées dans ce livre-disque, fruit d’une association entre Audiogram et les Éditions de l’Hexagone. La mélancolie douce des textes et des chansons invite à suivre Malavoy sur les chemins du monde, que ce soit au bout d’une autoroute d’Amérique ou à bord du mythique Transsibérien.

Ce livre-disque, c’est très original comme idée, pour faire connaître ses chansons, mais aussi pour porter une attention particulière aux textes des pièces et au processus d’écrire, tout en voyageant avec Tristan Malavoy. En fait, c’est un heureux mélange de chansons, de réflexions, de récits de voyages et de processus de création qu’on retrouve avec ce livre-disque. Il y a d’abord les 10 nouvelles chansons, qui sont toutes douces, invitantes, intéressantes à écouter. Les mélodies sont accrocheuses, les paroles coulent bien, la poésie est bien présente et le texte est fort.

Ensuite, pour ceux qui s’intéressent à l’esprit créatif de Tristan, comment il travaille, ils peuvent en  apprendre un peu plus sur la façon dont les idées se faufilent dans sa tête et comment il les lie ensemble pour en faire un projet de chanson.

Comme toutes ces chansons ont été écrites en voyage, sur la route, ailleurs que chez lui, Tristan à voulu raconter quelques anecdotes de voyages et  partager avec son public, ses souvenirs précieux de voyages,  que ce soit à bord du Transsibérien en Russie, ou encore en plein cœur de la Nouvelle-Orléans en passant par un voyage en voiture vers l’Estrie, ou encore aux Îles-de-la-Madeleine, Paris, …

 
Extrait
« Quand le projet de ce disque s’est mis en branle et que j’ai commencé à jongler avec les morceaux composés ces dernières années, je me suis rendu compte qu’ils avaient tous été créés loin de chez moi. Cap Hatteras, Grande-Entrée, Bruxelles, Dakar, Vladivostok, Paris ou plus simplement Sainte-Émélie-de-l’Énergie : leurs textes, et souvent leurs musiques, sont nés là-bas, loin de la maison. Ces chansons doivent donc beaucoup à la route, ce ruban d’asphalte, d’eau ou de ciel qui nous fait voyager vers l’inconnu, vers l’autre, et d’abord en nous-même. »

Il y a plusieurs chansons que j’aime bien sur cet album, et plusieurs textes qui accompagnent les chansons m’ont fait sourire, rêver, ou même étonner.

Il y a la machine à aimer, où Tristan se questionne sur comment on répare ça une peine d’amour. C’est un beau texte un peu triste mais vrai, sur la peine d’amour. On a beau vouloir essayer de consoler, de rassurer, le chagrin de la peine d’amour, le deuil à faire,  il n’y a que le temps qui peut y faire quelque chose…  Belle référence à Beaudelaire et les fleurs du mal. «La vie a une fin, le chagrin n’en a pas». Dans la chanson, Carole Facal, alias Caracol, accorde sa voix à celle de Tristan pour faire des chœurs.

Il y a également l’Abécédaire, l’alphabet amoureux et ses  accidents de parcours. Cela parle de voyager à deux, soit ça solidifie la relation ou cela la termine cruellement. Belle référence à Vésoul de Jacques Brel. Dans la chanson, c’est un beau duo entre Tristan et Émilie Bibeau, dont les voix s’harmonisent bien.

Mon histoire préféré que Tristan nous raconte au tout début du livre, c’est son rendez-vous manqué avec sa rencontre du fleuve Baïkal-Amour, qui est devenu le titre de sa chanson. Le texte est anecdotique, et la chanson est douce, avec un rythme invitant et des paroles faciles à chanter. Il y a même un bout de la chanson qui est plus une narration et c’est tellement beau à écouter.

Il est intéressant aussi de connaître comment la chanson Elle cueillait des cosmos a été écrite, inspirée par Gainsbourg, à Paris. Et j’aime beaucoup le texte de la chanson Les écrivains, où Tristan pose un regard lucide, sensible et éclairé sur ce métier qu’il connaît si bien, celui des auteurs. «Ils ont beau être forts en thème. Ils ont besoin pour dire je t’aime de trois cents pages bien tassés, mais résument l’humanité en un poème. S’ils nous racontent des histoires, c’est pour mieux nous placer devant le miroir

Finalement, il y a Amylie qui vient ajouter sa voix sur la chanson Les Icares, cette pièce qui existe dans le répertoire de Tristan depuis longtemps, mais qu’il a décidé enfin de retravailler et de l’endisquer convenablement.

L’enregistrement a été réalisé par Philippe Brault, avec des collaborations vocales d’Émilie Bibeau, Caracol et Amylie.

Les dix chansons

01 BAIKAL-AMOUR

02 LA MACHINE À AIMER

03 ABÉCÉDAIRE

04 L’ÉCOLE DES VERTIGES

05 LES ÉCRIVAINS

06 QU’EST-CE QU’ELLE AVAIT DE PLUS CETTE TEMPÊTE

07 MA PETITE FENÊTRE

08 LES ICARES

09 LE VOLUME DE NOTRE AMOUR

10 ELLE CUEILLAIT DES COSMOS

Tristan Malavoy-Racine

Tristan Malavoy-Racine a fait paraître des poèmes, des disques mêlant la chanson et le spoken word et Feux de position, un recueil de chroniques (Somme toute, 2017). Il est aussi l’auteur du roman Le Nid de pierres (Boréal, 2015).

L’école des vertiges
Livre-disque en librairie le 25 avril
Sur toutes les plateformes numériques le 27 avril

Prix 29.95$

Nombre de pages : 64 pages

Édition de l’hexagone

http://www.edhexagone.com/

http://www.tristanmalavoy.com/   
https://www.audiogram.com/fr/