Entrevue avec Jean-Simon Chartier pour son documentaire Playing Hard – Quand le jeu devient réalité.

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Playing Hard – Quand le jeu devient réalité

Le premier long métrage documentaire Playing Hard – Quand le jeu devient réalité produit, écrit et réalisé par Jean-Simon Chartier sortira en salle le 21 septembre 2018 au Québec après avoir été sélectionné  aux festivals Hot Docs (Toronto) et Fantasia (Montréal). Un documentaire humain sur le monde de l’industrie du jeu vidéo, vu de l’intérieur.

Résumé : Dans l’un des plus grands studios de jeux vidéo au monde, une équipe en constante évolution travaille à la création de For Honor, un jeu où Vikings, chevaliers et samouraïs s’affrontent sur un champ de bataille épique. Ce jeu, c’est le rêve du directeur de création, Jason VandenBerghe, qui, après plus de 10 ans, voit enfin son projet être accepté par un studio. Le producteur Stéphane Cardin, dont le dernier projet a été un échec, se voit confier les rênes de l’aventure. Luc Duchesne se joint à eux en tant que directeur de marque. La pression est énorme. Le jeu devra être vendu en plusieurs millions d’exemplaires dans les quelques semaines qui suivront le lancement.

J’ai rencontré Jean-Simon Chartier pour qu’il me parle de son film, ses défis, ses intentions avec ce documentaire.

Mon article sur mon appréciation du documentaire est disponible via ce lien :http://info-culture.biz/2018/09/21/playing-hard-jeu-devient-realite/

Questions pour Jean-Simon Chartier

Jean-Simon Chartier

Comment vous est venue l’idée de ce documentaire? Et quel était le but visé par celui-ci? «Tous mes documentaires débutent de la même façon, d’une histoire que j’ai le goût de raconter, pour qu’il finisse par nous faire réfléchir. Et de prime abord, je m’intéresse à des individus et des sujets comme le risque, le renoncement, le conflit et la peur. Aussi, mon bureau est à 2 coins de rue d’Ubisoft Montréal et je l’ai vu se développer pour devenir l’un des plus gros studios de jeux vidéo au monde. On sait que c’est une industrie très compétitive et que les gens sont sous pression, alors nécessairement ça crée des frictions, des conflits, et j’allais à la recherche de cela, mais aussi de passion pour la création, lorsque j’ai tenté d’entrer dans cette forteresse pour en raconter une histoire.»

Comment s’est passée votre collaboration avec les gens d’Ubisoft pour ce film?  «J’ai été chanceux de pouvoir entrer dans cette compagnie, pour mon documentaire. Et c’est par l’entremise de Luc Duchaine qui lui était aux communications chez Ubisoft et qui est devenu directeur de marque sur cette équipe de 30 personnes, pour un nouveau jeu, que j’ai pu suivre leur démarche. Au début, c’est plus par curiosité qu’ils m’ont laissé accès au plancher. Et l’entente que j’avais avec eux, c’était qu’ils n’auraient pas de droit de regard sur le montage de mon film. Puis, après six mois environ à filmer de manière sporadique, ils m’ont empêché de tourner, me disant que ça dérangeait des gens dans l’équipe. Et comme ils sont en compétition tous ensemble pour les divers jeux, chez Ubisoft, car ils sont tous à risque de ne pas voir aboutir la finalité de leur jeu, alors, ils ne veulent pas avoir d’élément de distraction pour l’équipe. Alors, je n’ai pas pu tourner pendant environ six mois. Heureusement, c’est grâce à la confiance de Luc, Stéphane et Jason, que j’ai pu finalement recommencer à tourner au bout de six mois et je l’ai fait sporadiquement pendant 3 ans, sans autre interruption.»

Justement, Jason, Luc et Stéphane, ont-ils accepté aisément que vous alliez aussi loin dans leur vie professionnelle, mais aussi leur vie privée? « Dès le départ, je leur ai dit que ce ne serait pas un making of, ni un guide comment programmer un jeu vidéo. Je voulais être capable de faire vivre aux gens ce que ça représente cette aventure. Ils ont donc bien compris ce que je faisais. Et ils ont bien accepté que je m’aventure dans leur vie.»  

Et qu’ont-ils dit suite au visionnement du film, par rapport au portrait que vous avez fait d’eux? « Lorsque le film a été présenté en première mondiale, à Toronto, Luc, Stéphane et Jason étaient présents. Et ils m’ont dit que ce film était fidèle à ce qu’ils avaient vécu et ils ont été très touchés. C’est sûr que ce n’est pas toujours flatteur pour eux, mais en même temps, c’est un film indépendant, pas une vidéo corporative, promotionnelle. Donc, c’était important pour moi de savoir que c’était représentatif de ce qu’ils avaient vécu.  »

Quand vous avez débuté, vous ne saviez pas que ce nouveau jeu vidéo connaitrait un succès et au final, cela a servi votre documentaire que le tout se termine bien n’est-ce pas? «Effectivement, j’ai été très chanceux.  D’abord, d’avoir rencontré Jason, ce personnage plus grand que nature, extrêmement complexe et émotif et complètement vrai. Ensuite, il y avait Stéphane qui a déjà vécu un gros échec et qui a énormément de pression pour réussir. J’ai aussi été chanceux que le jeu se rende jusqu’au bout. Ce qui arrive rarement en général pour un nouveau type de jeu.» 

Vous avez passé 4 années à tourner, alors comment on fait le montage du film avec tout ce matériel? «Après avoir tourné pendant un moment, j’entre graduellement le matériel dans la salle de montage et on regroupe les images par sujet. C’est sûr que l’histoire s’écrit au fur et à mesure des événements qui arrivent. Mais aussi, comme je ne filme pas tout le temps, il y a plein de choses qui sont arrivées pendant que je n’y étais pas. Donc, je devais trouver une façon pour raconter ces événements. Donc, en entrevue par exemple, je m’arrange pour qu’on m’explique des choses qui se sont passées.  » 

Et au final, est-ce que le film que vous avez fait correspond à ce que vous aviez en tête de raconter? «Oui, dans la mesure où à la base, j’étais à la recherche d’une histoire de passion, de renoncement. Je voulais avoir des conflits, des joies. Je voulais aller chercher de l’émotion. Et avoir une histoire ou des personnages dans lesquels les gens pouvaient se reconnaître. Certains vont se reconnaître dans Jason, le créatif, avec son rêve qu’il réalise avec son jeu, mais qui est ensuite mis à l’écart. D’autres se reconnaitront dans le père de famille, qui veut concilier famille/travail, et qui essaie de ne pas vivre un autre échec et qui doit gérer 500 personnes, puis un jour craque… Un autre pourra faire le lien avec le personnage qui est en train de perdre sa santé à trop travailler. Et je dois dire que les feedback du public, en festival, me font croire que cette intention que j’avais au départ est atteinte. Et c’est sûr que mon but n’était pas de montrer aux gamers comment créer un jeu vidéo, avec toute la technique en arrière de ça. Ce n’était pas ça mon objectif, je voulais raconter une histoire humaine. Et on en apprend beaucoup aussi sur le marketing, la manière de faire connaître un nouveau produit, un nouveau jeu, de bâtir une communauté qui voudra y jouer, de créer un engouement, de générer des attentes chez les gens pour qu’ils veuillent acheter le jeu à sa sortie.  »

Le film Playing Hard a une page Facebook. Le film sort en salle au Québec vendredi le 21 septembre, dans le cinéma Cartier à Québec, cinéma du Parc et à la cinémathèque à Montréal et à la maison du cinéma à Sherbrooke. Pour souligner le lancement, certains événements spéciaux ont été créés en lien avec le film :

21 septembre, cinéma du parc, Montréal :
Projection du film et Panel « L’aventure humaine derrière la création d’un jeu”
Panel animé par Denis Talbot en présence de Jean-Simon Chartier, réalisateur de Playing Hard, Luc Duchaine, personnage du film et directeur de marque de For Honor (Ubisoft Montréal), David Fugère-Lamarre, président de iLLOGIKA Studios, et Angela Mejia, co-fondatrice de Clever-Plays.

Page facebook de l’événement https://www.facebook.com/events/854592664931493/

22 Septembre, cinémathèque, montréal
Projection du film et discussion avec le réalisateur:
Page facebook de l’événement : https://www.facebook.com/events/239451913406446/

24 Septembre, cinéma cartier, Québec à 19h
Projection spécial
Panel animé par Jonathan Bédard, enseignant – conception de jeu au Cégep Limoilou et directeur Adjoint Présentation – Ubisoft Québec, en présence de Jean-Simon Chartier, réalisateur de Playing Hard, Luc Duchaine, personnage du film et directeur de marque de For Honor -Ubisoft Montréal et Jonathan Veillette, directeur Artistique Adjoint – Ubisoft Québec qui a travaillé sur For Honor.

Suite à la projection du film, il y aura une discussion avec ce panel, sur l’aventure humaine du jeu vidéo, sujet très lié à ce documentaire.

Page facebook de l’événement : https://www.facebook.com/events/316328205768158

Réalisateur, scénario, producteur

Jean-Simon Chartier

Interprètes

Luc Duchaine, VandenBerghe Jason, Cardin Stéphane

Direction de la photographie

Pouliot Maxime, St-Gelais Philippe

Musique

Olaf Gundel, Erik West Millette

Montage

Martin Bourgault

contact

Cargo Film & Releasing

Bande annonce Playing Hardhttps://vimeo.com/285129745

http://mc2.ca/

https://playinghardthemovie.com/fr/

Crédit photo : Shirley Noel