Le Paradis Blanc de Kristin Hannah, un coup de cœur pour cette auteure et pour l’Alaska!

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Le paradis blanc

Kristin Hannah, à qui l’on doit le roman Le Chant du Rossignol (The Nightingale) qui a été adapté au cinéma et sera en salle en janvier 2019, a publié, aux éditions Michel Lafon, en octobre dernier la saga familiale Le Paradis Blanc (The Great Alone), qui est un véritable hommage à l’Alaska (the last frontier). Une belle découverte pour moi, en cette fin d’année, tel un cadeau. Un roman à lire en plein cœur de l’hiver, bien au chaud, devant un paysage enneigé!

Résumé : Quand Ernt rentre du Viêtnam, Leni, dix ans, ne reconnaît pas son père. Durant les quatre années qui suivent, cet homme revenu de l’enfer et poursuivi par de terribles cauchemars se montre violent envers sa femme Cora. La famille Allbright déménage de ville en ville, chaque fois qu’Ernt perd son emploi. Leni est l’éternelle nouvelle élève de l’école. Mais un jour Ernt reçoit une lettre du père de son ami mort dans ses bras au Viêtnam. Celui-ci lui lègue un lopin de terre et une masure, en Alaska. Ernt persuade Cora et Leni qu’il ira beaucoup mieux « là-haut », dans le Grand Nord sauvage. La famille vend tout et se met en route. Après dix jours de voyage, ils arrivent enfin chez eux… C’est le début d’une épopée familiale hors du commun qui se poursuivra sur plusieurs décennies.

Pour avoir lu plusieurs romans qui se passent en Alaska ou encore au Yukon, avec entre autres les livres de l’auteure Mylène Gilbert-Dumas, j’avais déjà un intérêt marqué pour ces régions éloignées aux durs hivers et aux paysages bucoliques. Et je crois fermement que ceux qui écrivent sur ces régions, le font avec un amour et une passion qu’ils nous transmettent pour ces paradis blancs. C’est le cas de Mylène Gilbert-Dumas et je crois aussi que c’est le cas de Kristin Hannah qui m’a profondément bouleversé, émerveillé, touché, avec ce roman de près de 550 pages. Dans ses remerciements à la fin du volume Kristin raconte ses liens avec l’Alaska et on comprend alors qu’elle s’est inspirée de cela pour écrire cette histoire.

Dès les premières pages, j’ai été happée par cette histoire et attirée par ces personnages. Je savais que j’aurais de la difficulté à la fin du roman à quitter ces personnages et à chaque fin de chapitre je voulais débuter rapidement le suivant pour connaître la suite.

Ce roman est littéralement un hommage à l’Alaska. Cela se passe sur plusieurs décennies, mais c’est surtout les années 70 qui sont décrites en détail. L’auteure décrit finement et habilement la nature, les paysages, le climat pour qu’on le sente comme si on y était. Elle sait créer les ambiances. Mais loin d’avoir des lunettes roses, elle nous décrit également la grande noirceur de l’hiver, la solitude, les dangers et les tâches à multiplier pour survivre.

Kristin nous a créé également des personnages aux multiples couleurs, auxquels on s’attache rapidement. On apprend à connaître la famille Allbright, avec Cora follement amoureuse de son Ernt, qui à cause des séquelles de la guerre du Vietnam devient de plus en plus un danger pour sa famille. Et bien qu’on est en colère contre lui pour ce qu’il fait endurer à sa femme, on comprend d’où il vient. Et il y a Leni, cette jeune fille, au début âgée de 13 ans,  qui est la narratrice du roman et le personnage que l’on suit pendant toutes ces années. C’est à travers la touchante et authentique Leni que l’on découvre les beautés de l’Alaska, qu’on apprend les plaisirs des tâches quotidiennes pour survivre, que l’on découvre l’entraide d’une communauté, que l’on surprend l’amour à travers une belle relation d’amitié avec Matthew.

Et cette communauté, on l’aime dès les premiers instants, avec ces personnages plus grands que nature. À commencer par Large Marge qui a le cœur sur la main malgré ses airs rustres. Il y a aussi Tom Walker, Tica Rhodes, Matthew, Thelma, etc. Bref, tour à tour, ils vont avoir une influence positive dans la vie de Cora et surtout Leni. Cette entraide fraternelle entre les habitants de Kaneq est touchante.

Finalement, il est intéressant de voir qu’à travers ce roman de fiction, on revit des événements réels, tels que la guerre du Vietnam et le suivi psychologique absent des soldats revenus de la guerre, le sort des femmes dans les années 70 alors que tout était très axé sur l’homme de la maison et la violence conjugale qui était peu considérée par le système de justice, ainsi que l’urbanisation et la modernisation de l’Alaska peu à peu pour en faire une région touristique.

Ce roman nous fait passer par une belle gamme d’émotions fortes, tantôt joyeuses, souvent terrifiantes. Cette histoire est émouvante, empreinte d’une belle authenticité, d’espoir et de paysages de l’Alaska à couper le souffle.

Dans les dernières pages, il vous faudra assurément des papiers mouchoirs pour passer à travers des retrouvailles tant espérées. On ne pouvait que souhaiter une fin heureuse pour Leni qu’on a vu grandir et s’épanouir malgré toutes les embuches. La finale de ce roman ne déçoit pas. Bien que ce roman fait plus de 500 pages, on en aurait voulu encore de cette histoire, de cet Alaska majestueux, de cette communauté qu’on aime et qu’on ne veut pas quitter.

KRISTIN HANNAH

KRISTIN HANNAH, née en 1960 en Californie, était avocate avant de devenir un écrivain à succès. Elle a écrit plus de 20 romans féminins, tous très populaires dans son pays.

Kristin Hannah est l’auteure du bestseller mondial Le Chant du Rossignol.

Le Paradis Blanc (version française du roman The Great Alone)

Traduis de l’anglais par : Matthieu Farcot

Parution : octobre 2018

Prix 34,95$

Nombre de pages : 543 pages

Éditions Michel Lafon

https://michel-lafon.ca/

https://kristinhannah.com/