Benjamin Grosvenor, un pianiste à la sensibilité, la musicalité, l’intelligence et la virtuosité inoubliables au Club musical de Québec

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Le pianiste Benjamin Grosvenor

En ce dimanche de petite tempête de fin d’hiver, un vaste public était au rendez-vous au Palais Montcalm pour un concert en matinée du jeune pianiste britannique Benjamin Grosvenor. Or il n’a pas déçu, lui qui nous avait ébloui en mars 2015. Au contraire, avec ses 27 ans, il a continué à nous émouvoir et nous emporter dans son art consommé de grand pianiste.

Il a débuté le récital par deux compositions de Robert Schumann. Les nuances sont là avec des tempos bien placés. D’emblée, on apprécie le jeu du pianiste avec ces pièces tout à fait magnifiques mais sobres. Le public est très attentif et bien présent devant cette perfection pianistique impressionnante. Toutefois au retour de l’entracte, le concert va amplifier et décupler ce plaisir avec les œuvres au programme. L’émotion et la sensibilité sont transmises intensément dans la Sonate 1. X. 1905 de Janacek. Le second mouvement « La mort » est bouleversant.

Les Visions fugitives de Prokofief vont nous amener dans des climats et des atmosphères offrant une grande poésie. En soi, ce cycle de 16 petites pièces colorées et diversifiées est fascinant. Benjamin Grosvenor va en illustrer la magnificence, les subtilités, les délicatesses avec un sens incomparable du détail. Il cisèle chaque pièce comme un orfèvre avec toutes les couleurs et les ornementations. On savoure son jeu note après note. La poésie du pianiste nous rejoint tous !

Le talent d’interprète du pianiste est vraiment génial. Tout est parfaitement en place. Un contrôle de l’interprétation constant. Une maîtrise éblouissante, tellement musicale qui nous entraîne dans une découverte ou redécouverte des œuvres jouées. Par ailleurs, la virtuosité de l’artiste est fulgurante; pas d’esbroufe pour épater. Mais une virtuosité qui sert toujours l’œuvre interprétée. Et il nous fait rêver.

La meilleure illustration de son art sera avec Réminiscences de « Norma » de Listz. Le piano éclate avec ses sonorités étincelantes. Un feu d’artifices dans le son et en voyant les mains du pianiste sur le clavier. En observant le jeune Grosvenor, on est étonné. Tout semble tellement naturel et allant de soi au piano, son allié depuis sa tendre enfance, soit à 6 ans.

Le pianiste bien généreux est revenu avec deux brefs mais magnifiques rappels: une étude de Moritz Moszkowski et Erotik de Edvard Grieg. Le public a accordé des applaudissements chaleureux et des ovations marquées. On avait l’impression qu’on aurait eu le plaisir à continuer de l’entendre des heures durant. Au sortir de la salle, des gens disaient qu’ils étaient émus et renversés par un tel concert. Assurément, un des meilleurs pianistes en concert à Québec depuis bien des années.

Le programme :

Robert SCHUMANN

Blumenstück, op. 19

Kreisleriana, op. 16

Leoš JANÁC?EK

Sonate 1. X. 1905, JW VIII/20

Sergueï PROKOFIEV

Visions fugitives, op. 22 (1915-1917)

Franz LISZT

Réminiscences de « Norma », S. 394

Le prochain concert du Club musical de Québec : le dimanche 7 avril à 20 h 00 au Palais Montcalm avec le violocelliste Gautier Capuçon et la pianiste Yuja Wang

Crédit-photo : Benjamin-Grosvenor@Patrick-Allen_Opera-Omnia-8

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