Gilles Vigneault : le pouvoir d’enchanter encore et encore

MauvaisAcceptableCorrectTrès bienExcellent (Donnez votre avis)
52
Crédit photo : http://gillesvigneault.com/ et Jean-Charles Labarre

Être en présence de Gilles Vigneault, le temps d’un spectacle, c’est vivre un moment d’une grande humanité. C’est se sentir privilégié de côtoyer, encore, une parole vivante, libre et profondément belle. Ce grand de la chanson québécoise sait attendrir, émouvoir et faire réfléchir. La communion qu’il tisse avec son public est palpable.    

Le 10 octobre dernier, Gilles Vigneault était au Vieux Clocher de Magog pour présenter Parole et Musiques. Cette formule de spectacle, inaugurée en 2014, dans cette même salle de Magog, est une nouvelle façon de rencontrer le public. Elle tient autant du forum que du récital, que de la grande entrevue et de l’improvisation. De son propre aveu, Gilles Vigneault désirait depuis longtemps trouver une façon de ne pas être celui qui avait le monopole de la parole. Il avait un ardent désir de partager ce temps de parole avec son cher public (qu’il qualifie parfois de chorale).

Un trio complice

Dans cette aventure où le public est invité à poser toutes ses questions, le poète est secondé par Françoise Guénette, animatrice chevronnée et accompagné par son pianiste, Philippe Noireault. Madame Guénette sait très bien reformuler les questions du public, orienter Monsieur Vigneault vers une chanson, une anecdote ou un souvenir et improviser au gré du vent. On sent qu’ils prennent un réel plaisir à se relancer et on perçoit la confiance qui règne entre eux. La complicité entre l’auteur-compositeur-interprète et son pianiste est aussi bien visible. Ils voguent dans un même beau et grand bateau.

La magie opère en présence de Gilles Vigneault : il a encore et toujours cette ferveur de raconter, de chanter et d’espérer, lui qui soufflera 91 bougies à la fin du mois d’octobre. En plus de chanter plusieurs de ses grands succès (il a entre autres chanté Quand vous mourrez de nos amours, J’ai pour toi un lac, Les gens de mon pays, Le Grand cerf-volant, Vivre debout), il raconte des pans de sa vie, la genèse d’une chanson, ses rencontres marquantes, cite d’autres poètes, et ce, au fil des interventions du public.

Entre la sagesse et la combativité : vivre debout

Il donne son avis sur la politique, sur la langue et sur l’environnement au détour du chemin par des interventions senties et un discours truffé de métaphores. Il marque par sa façon de s’exprimer avec une telle sagesse, mais aussi armé d’une riche fougue et d’une grande vivacité. Il prône l’ouverture à celui qui vient d’ailleurs, il invite à tendre l’oreille (réelle), à ne pas faire semblant d’être sourd, à ouvrir aussi son oreille intérieure à l’autre.

L’auteur de contes et de plus de 450 chansons parle aussi de l’importance de la transmission. Il souligne que ce n’est pas tant la grandeur de son parcours comme artiste qui l’intéresse, mais ce qu’il peut donner à ceux qui suivent. Il a un grand espoir envers la jeunesse et admire ceux qui se tiennent debout.

 La beauté du temps

Il raconte aussi qu’il est important de prendre le temps, de prendre le temps de construire, par exemple, un jouet pour un enfant et de jouer avec lui. L’image est belle et forte. Sa poésie est toujours grande et riche. On en prendrait toujours plus ! Des chansons, des mots, de la poésie, de grands apprentissages, des phrases qui deviennent des bijoux, voilà ce qu’offre Gilles Vigneault. Oui, il a cette façon d’enchanter la vie par sa voix unique, par la profondeur de ses textes et on souhaite ardemment qu’il ait le pouvoir d’en chanter encore et encore.

Les deux derniers spectacles de cette série automnale Parole et musiques, à la Place des Arts à Montréal et à Saint-Alphonse-Rodriguez affichent complet. Surveillez les prochaines dates !

Pour informations : http://gillesvigneault.com/