
J’ai vu en grande première, le film québécois très attendu La maison du pêcheur d’Alain Chartrand, qui a été présenté en compétition officielle au FFM le 26 août 2013 dernier. Ce film met en vedette en autres Mikhail Ahooja, Vincent-Guillaume Otis, Benoît Langlais, Charles-Alexandre Dubé, Luc Picard et Kevin Parent. Ce film sort en salles dès aujourd’hui, le 13 septembre. Pour lire et écouter mes entrevues avec les artisans du film, veuillez cliquer sur ce lien : https://info-culture.biz/2013/09/05/entrevue-avec-les-artisans-du-film-la-maison-du-pecheur/
Synopsis
Campé à Percé à l’été 1969, La maison du pêcheur d’Alain Chartrand retrace la genèse de la cellule Chénier du Front de libération du Québec. Ainsi, c’est à l’été 1969, que Bernard (Ahooja), le fils d’un pêcheur gaspésien, débarque à Percé pour y trouver du travail. Il y fait la rencontre de Paul (Otis), de Jacques (Langlais) et de Francis (Dubé), des militants indépendantistes venus ouvrir la Maison du Pêcheur dans le but de faire de l’animation sociale et accueillir les jeunes voyageurs. Les frères Rose et Francis Simard se heurtent aux commerçants locaux qui partent en guerre contre eux. La situation dégénère. La violence éclate, incitant Bernard et ses nouveaux amis à renoncer au discours pacifique pour adhérer au Front de Libération du Québec (FLQ) et ils deviendront parmi les principaux acteurs de la crise d’Octobre.
Je ne suis pas une personne très fervente de film sur la politique et encore moins de films présentés en noir et blanc. Cependant, comme l’histoire de la maison du pêcheur m’était inconnue et que ce film était écrit et réalisé par Alain Chartrand, je me suis décidé d’aller le voir.
Et quelle bonne idée j’ai eue! Ce film, à mon avis, devrait être présenté dans les écoles dans les cours d’histoire, ne serait-ce que pour leur donner une idée de l’atmosphère qui régnait à cette époque, et pour leur faire connaître un pan de notre histoire québécoise qui est peu connue.
L’idée, que je pensais farfelue au début, de présenter les séquences à Percé en noir et blanc, m’a complètement séduite. À plusieurs moments durant le film, j’avais l’impression de regarder des bouts de film d’archives, comme si nous étions dans un documentaire. Cela ajoutait du réalisme à ce que je regardais.
Je dois dire que ce film ne serait pas aussi bon, sans le génie d’Alain Chartrand, qui s’est fort bien documenté sur ces évènements et la situation sociale, économique et politique de cette époque. Et il réussit fort bien à nous le transmettre : La période peace and love, où les gens veulent faire l’amour et non la guerre, où la drogue et la musique fait partie des priorités des jeunes de l’époque. Mais aussi, la situation qui prévaut à Percé à cette époque, où tout est basé sur le tourisme, mais surtout en anglais. Où ce sont les anglophones qui dirigent et les pauvres francophones qui subissent. Les pêcheurs mangent leurs bas comme on dit et ne savent pas comment se battre pour leur survie. Finalement, les jeunes du FLQ qui arrivent à Percé et qui sont incroyablement bien représentés par Vincent-Guillaume Otis (Paul Rose), Benoît Langlais (Jacques Rose), Charles-Alexandre Dubé (Francis Simard).

Paul Rose joué par Vincent-Guillaume Otis
On retrouve Paul Rose, cet être calme, au regard allumé, à l’oreille attentive, et aux discours réfléchis et pacifiques. Quelle superbe performance de Vincent-Guillaume Otis, dans un tout autre registre que celui de Babine. Puis, on a Jacques Rose, celui qui est l’être rassembleur, qui accueille les gens et qui est l’hôte parfait. Benoit Langlais nous montre enfin un rôle plus mature et cela fait du bien de le voir faire la transition des rôles d’adolescents. Finalement, Francis Simard, ce volcan tranquille, qui ne tient pas en place. Une vraie boule d’énergie vive, brillamment joué par Charles-Alexandre Dubé. Pour lui aussi, c’est un rôle complètement différent de celui, plus doux, plus gentil, qu’il avait dans Liverpool.
Il y a aussi le nouveau venu, Mikhail Ahooja qui interprète Bernard Lortie, comme étant un être plutôt angélique, et naïf, dont l’attitude et le caractère vont évoluer au fil des évènements qui surviennent. Mikhail donne une performance de jeu assez poignante, lors de la scène à la station radiophonique, qui m’a donné la chair de poule et m’a fait comprendre la réalité des pauvres gens de cette époque.
Luc Picard, Nicolas Canuel et Raymond Bouchard incarnent les 3 personnages les plus déplaisants du film, les autorités locales, qui viennent mettre des bâtons dans les roues de ces jeunes ambitieux pacifiques. Naturellement, on comprend aisément que c’est la peur et la sensation de perdre le contrôle qui les poussent à tous ces extrêmes. Ce sont des personnages qu’on adore pouvoir haïr.
Kevin Parent a également un petit rôle dans le film. Je dois dire qu’avec sa barbe et ses cheveux longs en bataille, il est méconnaissable. Mais son accent, toujours aussi charmant, nous rappelle qu’on est finalement en Gaspésie dans ce film. C’est un peu ce que je déplore par contre dans le film, c’est qu’il n’y a que Kevin qui a un accent de ce coin de pays. Tous les autres n’ont pas d’accent. Cela m’a un peu agacé.
Au final, je dois dire que ce film m’a ouvert les yeux sur une réalité que je ne connaissais pas. Alain Chartrand a bien démontré ce qui s’est passé à Percé (j’ai fait mes recherches par après pour distinguer ce qui était part de réalité et part de fiction dans le film.) à cette époque. Les paysages de Percé sont bucoliques, même en noir et blanc. Mais on sent toute l’influence anglophone dans ce coin de pays et la tension qui existe du fait que la saison touristique et économique de Percé s’échelonne seulement sur un peu plus de 2 mois et donc, elle est essentielle à la survie de cette région. Et surtout, on comprend vers la fin du film (lors de la scène du feu de camp) comment ces évènements ont peut-être un peu contribué à ce qui s’est passé 14 mois plus tard lors de la crise d’octobre. Que serait-il passé si ces jeunes avaient pu avoir leur permis et avaient pu tenir leurs conférences politiques pacifiques, mais instructives, sans toutes les embuches qu’ils ont connues? Est-ce que l’Histoire aurait été la même un an plus tard? On ne le saura jamais, mais il est intéressant de se poser la question!
La maison du pêcheur sort en salle dès maintenant, le 13 septembre.
Pour voir la bande-annonce, allez sur ce site : http://lamaisondupecheur.telequebec.tv/
Distribution
Bernard Lortie Mikhail Ahooja
Paul Rose Vincent-Guillaume Otis
Jacques Rose Benoit Langlais
Francis Simard Charles-Alexandre Dubé
Geneviève Richer Geneviève Boivin-Roussy
André Duguay Luc Picard
Gabriel Boudreau Kevin Parent
Le maire Roland Bujold Raymond Bouchard
Lison Hébert Ariane-Li Simard-Côté
Docteur Jean-François Poulin
Ti-Loup Jocelyn Bérubé
Le journaliste Robert Doyon Francis Cantin
Proprio de l’hôtel Albert Anctil Nicolas Canuel
FICHE TECHNIQUE
Réalisateur Alain Chartrand
Scénaristes Jacques Bérubé, Alain Chartrand, Mario Bolduc
Directeur de la photographie Pierre Mignot
Concepteur des décors Normand Sarrazin
Premier assistant-réalisateur Normand Bourgie
Costumes Michèle Hamel
Maquillage Clair Blondel Van Der Elst
Coiffure Denis Parent
Preneur de son Dominique Chartrand
Musique Michel Cusson
Chanson du film (Une vague de fond) Richard Séguin
Marc Chabot
Musique Richard Séguin
Arrangements Hugo Perreault
Concepteur sonore Jean-François Sauvé
Superviseur sonore Marcel Pothier
Distribution des rôles Catherine Didelot, Marie-Jan Seille
Directrice de production Carole Vaillancourt
Directeur de postproduction Érik Daniel
Distribué par Les films Christal et Les films Séville
Produit par : Vic Pelletier, Jean-Roch Marcotte et Vincent Leroux
Groupe PVP : WWW.PVP.CA
Crédit photos : Courtoisie

