Rencontre avec Catherine Major pour La maison du monde

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Pochette de l'album La maison du monde
Pochette de l’album La maison du monde

29 septembre, journée internationale du café. Catherine Major m’attend dans une brûlerie de la rue Saint-Jean, avec un thé vert. Paradoxe liquide qui nous amène dans son monde de création, au sujet de son dernier album paru le 18 septembre dernier, La maison du monde.

YL : Catherine, si on avait à parcourir les quatre dernières années de ta carrière, ça ressemblerait à quoi?

CM : Ça coïncide avec la sortie du Désert des solitudes. J’ai fait la tournée du Désert, puis j’ai pris une pause pour ma grossesse et pour prendre soin de mon deuxième bébé. Pour l’avoir vécu quelques années avant, Je savais, en accouchant, que je n’aurais pas l’inspiration pour me plonger dans un album tout de suite. J’ai donc entamé une tournée solo, dans des plus petites salles. J’ai appris beaucoup de ça, et c’est durant cette tournée que les bribes, les débuts, les balbutiements du nouvel album se sont faits à ce moment. Le fait de se retrouver seule avec le piano semblait simple en apparence au départ, mais je me suis rendu compte que c’était assez complexe. Plein de choses m’ont été révélées durant cette expérience-là. En janvier cette année, je me suis mise plus à fond dans le nouveau projet d’album. Tout a été complété en juillet, et voilà! L’album est sorti il y a dix jours.

YL : Parle-moi des collaborations sur l’album.

CM : J’ai travaillé avec Jean Massicotte pour la réalisation. C’est une personne que je respectais beaucoup, mais c’était la première fois où on travaillait ensemble. J’aimais beaucoup les projets qu’il avait faits, comme Living Road de Lhasa, le premier album d’Alex Desilets, Arthur H. J’écoutais ces albums et je me disais, mon dieu, ça sonne bien! Je sentais que j’avais besoin de changement. Je suis allé le voir et il a accepté tout de suite. Il m’a dit : « Ça fait longtemps que je te regarde de loin, et je me demandais quand on allait travailler ensemble. » Cette collaboration est vraiment venue comme quelque chose de naturel, et cette collaboration a été très importante pour l’album. Pour les auteurs, c’est pas mal la même chose que d’habitude, dans le sens où j’ai mes fidèles : Moran, un auteur extraordinaire et pas parce que c’est mon chum, ma mère, qui est là aussi depuis les débuts de ma carrière, Christian Mistral. Le petit nouveau c’est Richard Desjardins… il devait m’écrire quelque chose spécifiquement pour l’album, mais ça ne tombait pas dans la bonne période. Il m’a envoyé un texte issu d’un recueil de poésie qui n’avait pas été chanté, si jamais j’avais envie.

YL :  À l’écoute des premières chansons de l’album, on remarque beaucoup de guitare acoustique, ce qui diffère de ce qu’on est habitué d’entendre de toi. Qu’est-ce qui t’a amenée là?

CM : J’avais envie de moins de piano cette fois-ci. J’avais envie que le son de l’album soit très enrobant. J’avais envie d’entendre ma voix à travers d’autres instruments. L’approche était de servir chaque chanson le mieux possible, avec moins de piano.

YL : On entend des chœurs masculins sur 4 chansons de l’album. Tu peux nous donner plus de détails?

CM : Ils sont tous de Daran. Il a un registre étendu qui permettait qu’on joue avec nos voix et qu’on oublie qui de nous deux était la voix aigüe et qu’on s’échange les rôles, en quelque sorte. Ça a donné un résultat don je suis contente, en fait! J’aime beaucoup son timbre aussi.

YL : Quelle est ta chanson préférée sur ton nouvel album?

CM : Question difficile!  C’est comme de me demander : « Quel est ton enfant préféré? » Je les ai tellement toutes travaillées… Pupille vient me chercher beaucoup, au niveau émotif, La luciole, et Callista aussi. Ce sont probablement les 3 chansons les plus personnelles, les plus proches de moi.

YL : Si j’écoutais la musique sur ton ipod aujourd’hui, qu’est-ce que j’entendrais?

CM : Half Moon Run, que j’aime bien. Leur nouvel album sort le 23 octobre, d’ailleurs! Beaucoup de Jean-Sébastien Bach, de musique classique. Je suis pas mal là-dedans, j’en ai besoin en ce moment. Beaucoup de flamenco, de musiques du monde, de l’instrumental. Je ne suis pas très dans la chanson présentement, j’ai besoin de moins de concret, de m’évader.

YL : Maintenant que ton album est lancé, quels sont les projets à venir?

CM : Fioritudes pour une douzaine de spectacles, en janvier 2016. Méchant beau projet, j’étais bien contente de savoir que ça partait. Après, c’est la tournée qui commence. J’entre en résidence en février, mais je devrai faire du travail dès cet automne pour préparer tout ça. La rentrée montréalaise est prévue le 17 mars, et le 9 avril à Québec.

 

Catherine Major, La maison du monde

Date de sortie: 18 septembre 2015

Réalisation & arrangements : Jean Massicotte & Catherine Major

Arrangements cuivres : Catherine Major

Prises de son & mixage : Jean Massicotte @ Studio Masterkut

Gravure : Marc Thériault @ Le Lab mastering

Graphisme : Anne Desrosiers

Photos : Valérie Jodoin-Keaton

Dessin : Frédérique Major-Morand

Production : Spectra Musique, Productions Majorette

MUSICIENS

Catherine Major : Piano, voix, clavinet, marimba, vibraphone

Jean Massicotte : Synthétiseurs, Rhodes, orgues, beat box, percussions, guitares, basse

David Laflèche : Guitares

Mathieu Désy : Basse électrique et contrebasse

Martin Lavallée : Batterie

François Lalonde : Percussions, marimba

David Carbonneau : Trompette et flugelhorn

Daran : voix masculine