Guillaume Wagner, drôle et impitoyable!

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Guillaume Wagner
Guillaume Wagner © photo: Peter Marcoux

C’est devant une salle pleine à craquer que Guillaume Wagner foule les planches de la Salle Albert-Rousseau, le mardi 13 octobre 2015, pour sa première représentation à Québec de son deuxième spectacle, Trop humain. Dans une forme indéniable, il commence en mettant en contexte son style d’humour et tente d’adoucir la grogne médiatique entourant son spectacle de Montréal. Dès le départ, il avise le public de la teneur plutôt salée et dérisoire de ses propos en promettant ironiquement de ne pas nommer de nom ni de rire de personne.

Oreilles chastes et cœurs sensibles s’abstenir! Wagner glisse vers des comparaisons qu’il juge lui-même douteuses. Il va même jusqu’à comparer Richard Martineau à Adolf Hitler, ce qui ne passera pas inaperçu dans les médias dès le lendemain… Conscient de cette énormité, il clame haut et fort que les journalistes font la même chose dans le journal de Montréal, alors « [il s]’en câlisse ». Dans Trop humain, l’humoriste nommé Révélation au 29e Festival Juste pour rire donne tellement dans l’exagération que son manque de scrupule est facilement pardonné. Ses gags « qui vont beaucoup trop loin » font ce pour quoi on aime ou on déteste Guillaume Wagner : ils scandalisent. Fort de ses grimaces et de ses imitations drôlement outrancières, mais qui s’installent bien confortablement dans le déjà-vu,  le gagnant de l’Olivier 2011 pour la découverte de l’année singe à peu près tout le monde sans exception. D’une griffe acérée, Wagner égratigne les handicapés jusqu’aux douchebags nigauds et au passage certaines vedettes et personnes de son entourage. S’il condamne l’hypocrisie et qu’il semble impitoyable, il est néanmoins très humble en rappelant souvent au public qu’il n’est pas mieux que les autres, que lui aussi fait partie du lot, ce qui tait les mauvaises langues qui le traitent de prétentieux.  Il faut soulever sa  présence hardie très théâtrale. Clin d’œil ici aux nombreuses simulations de l’acte sexuel. Si, pour certains, son humour est vulgaire et immature, pour d’autres, il est libérateur et désopilant.

Trop humain
Trop humain © photo: Peter Marcoux

Trop humain traite surtout de la bêtise humaine, d’une société nivelée par le bas par les maillons faibles et de l’humain vulnérable devant la facilité.  Rien de réjouissant direz-vous? Sauf quand l’art de l’autodérision et le sarcasme ont raison de notre rectitude. On ne peut que constater le fil conducteur plutôt bien rédigé dans son discours jalonné de blagues qui tombent à plat et de succès.

Le jeune humoriste charme par sa franchise et son introspection sociale et personnelle. L’air fendant, il débite une quantité hallucinante d’anecdotes, de constatations et de jugements amoraux; il mise sur l’ouverture des gens et leur complicité. Guillaume Wagner reviendra avec Trop humain le 3 février 2016 à Québec pour une supplémentaire.

Crédit photos : Peter Marcoux