La Chute de l’empire américain, du grand Denys Arcand à son meilleur! Dialogues mordants et acérés, polar enlevant, satire de société très juste, à la fois drôle et touchante!

MauvaisAcceptableCorrectTrès bienExcellent ( 5,00 étoiles sur 5) - 1 avis
114
La chute de l’empire américain

Quatre ans après son dernier long métrage Le règne de la Beauté, Denys Arcand revient à ses premiers amours, le film policier, tout en proposant des dialogues croustillants et acérés sur notre société et l’époque où nous vivons, comme l’avait si bien amené le Déclin de l’empire américain 30 ans plus tôt. Avec une distribution du tonnerre, Denys Arcand nous livre son meilleur film depuis le déclin et les invasions barbares, tout en nous faisant des clins d’œil, et références à plusieurs de ses autres films.

Voici mes entrevues avec les artisans du film La Chute de l’empire américain

https://info-culture.biz/2018/06/22/entrevue-artisans-film-chute-de-lempire-americain/

Mon article avec les propos du scénariste-réalisateur Denys Arcand sont disponible ici :

https://info-culture.biz/2018/06/21/entrevue-denys-arcand-film-chute-de-lempire-americain/

Synopsis : Pierre-Paul, 36 ans, intellectuel et docteur en philosophie est forcé de travailler comme livreur pour avoir un salaire décent. Un jour, en allant livrer un colis, il tombe sur une scène de vol à mains armées qui tourne mal : deux morts. Il se retrouve devant deux sacs de sport remplis de billets de banques. Pierre-Paul est confronté à un dilemme: repartir les mains vides ou prendre l’argent et fuir?

Pour ceux qui, comme moi, adorent l’esprit critique et les références littéraires et philosophiques de Denys Arcand qu’on retrouve dans plusieurs de ses films, ils seront servis. Car en plus de divertir par cette histoire de vol d’argent et l’action amenée par ce polar, les gens seront touchés par les valeurs humaines et la compassion mise de l’avant, tout en apprenant beaucoup sur l’évasion fiscale, le blanchiment d’argent, et le système judiciaire. Il y a un peu de tout dans ce film, même des clins d’œil à d’autres films et des caméos qui font sourire (Brandon, l’époux de MariePier Morin, et Denise Robert la productrice du film).

Alexandre Landry et Mariepier Morin

La toute première scène est l’une de mes préférées et donne le ton au film, alors que Pierre-Paul (magnifique Alexandre Landy qui donne à nouveau une performance digne de son talent) explique à sa blonde, Linda (Florence Longpré qui démontre un jeu dramatique à jeter par terre), pourquoi le fait d’être intelligent est un handicap dans une société qui nivelle par le bas et récompense les imbéciles. Et on y croit assurément, qu’en on pense au Donald Trump de ce monde. Dès cette première scène, on est embarqué dans ce film d’un peu plus de 2 heures qui va nous faire vivre une belle gamme d’émotions, et où, pour une fois, nous serons tiraillés entre récompenser le bon gars qui fraude, ou faire avorter ce projet d’évasion fiscale.

Il y a plusieurs autres scènes très fortes dans le film, qui, à mon avis, deviendront aussi légendaires que certains moments cultes par exemple du Déclin. Ainsi, la scène dans l’appartement, avec Vincent Leclerc qui incarne un sans-abri qui tente de s’en sortir, vous donnera assurément des frissons, tellement la justesse de son jeu et le flot d’émotions nous traversent le cœur. À voir et revoir!

Vincent Leclerc

Naturellement, je ne me tanne jamais des répliques cinglantes, des dialogues croustillants et acérés que nous sert Denys Arcand. Pas étonnant qu’aucun acteur n’a envie de changer un mot, une virgule ou même un respire à ces répliques. Pierre Curzi et Rémi Girard sont passés maitres dans l’art de lancer ces répliques, avec plus de cinq rôles chacun dans les films d’Arcand. Encore une fois, ils sont sublimes. Le premier faisant preuve de prestance et de calme à travers chaque situation, il est jubilatoire de l’entendre. Le second, en motard recyclé en expert d’évasion fiscale, forme un trio d’enfer avec Pierre-Paul (Alexandre Landry) et Aspasie (MariePier Morin très en contrôle de son rôle de pute de luxe). Toutes les scènes où ils interagissent ensemble, sont à la fois drôles et remplies de sarcasmes. C’est jouissif!

J’aime aussi la manière dont Denys Arcand nous expose le fonctionnement du capitalisme, du blanchiment d’argent, et nous fait le portrait de plusieurs types de personnes que forme notre société, et leur relation avec l’argent, autant chez les gangs de rue (solides performances de Patrick Abellard et Eddie King),  des prostituées de luxe (MariePier) que dans le corps policier (Maxim Roy et Louis Morissette, duo très crédible), le monde financier (Pierre Curzi), que les sans-abri (Vincent Leclerc, mais aussi Benoit Brière, Gaston Lepage, un duo rigolo) ou encore les travailleurs avec la caissière (Florence Longpré) et le livreur (Alexandre Landry).

Finalement, il est intéressant de retrouver des acteurs de renoms dans des rôles secondaires, et dont la performance est mémorable. Je pense entre autres à Claude Legault, Laurent Paquin, Paul Doucet et Denis Bouchard.

Rémi Girard

Je dois aussi parler brièvement de la musique, qui m’a grandement impressionnée. La musique classique que l’on entend dans des moments clés, ainsi que la musique créée par ordinateur qui accompagne les moments d’action, du hold-up et des batailles, est un bon mélange qui vient s’ajouter au film, avec parcimonie, sans trop nous diriger dans une émotion, mais juste pour accentuer ce qu’il faut la scène.

Au final, ce film de Denys Arcand nous dresse un portrait de société, en nous racontant, à travers un polar bien ficelé, une histoire d’amour, une histoire d’argent, une histoire de sans-abri. Le tout agrémenté de réparties cinglantes, et de références philosophiques, pour faire réfléchir et nous toucher profondément. Et les dernières scènes du film, qui nous présente le visage de réels itinérants de Montréal, viennent ajouter de la profondeur et de la compassion, pour nous montrer que la vraie richesse passe par le cœur.

La Chute de l’empire Américain de Denys Arcand a été vendu à travers le monde! En effet, Sony Pictures Classics a acquis les droits de distribution pour les États-Unis, le Mexique, le Belize, le Costa Rica, le Salvador, le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua, le Panama, l’Argentine, le Chili, le Paraguay, l’Uruguay, le Brésil, la Colombie, le Pérou, l’Équateur, la Bolivie, le Venezuela, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Pierre Curzi

La Chute de l’empire Américain sera également distribué par Lemon Tree en Chine, Filmcoopi en Suisse, Russian Report en Russie, Feelgood en Grèce, Wanda Vision en Espagne, Nachschon Films en Israël, Outsider Films au Portugal, Joint Entertainment à Taïwan, Umut Sanat en Turquieet Fox Vision en ex-Yougoslavie. Plusieurs autres territoires sont également en cours de négociations.

Distribué par Les Films Séville, une filiale d’Entertainment One, produit par Cinémaginaire et représenté à l’international par Seville International,  La chute de l’empire américain prendra l’affiche partout au Québec le 28 juin.

Galerie de photos de la journée d’entrevues : https://www.flickr.com/photos/133521308@N05/sets/72157670366697208

Visitez lachutedelempireamericain.com

Distribution

Pierre-Paul Daoust Alexandre Landry

Aspasie/Camille Lafontaine Maripier Morin

Sylvain «the brain» Bigras Rémy Girard

Pete LaBauve Louis Morissette

Carla McDuff Maxim Roy

Me Wilbrod Taschereau Pierre Curzi

Jean-Claude Vincent Leclerc

Jacmel Rosalbert Patrick Émmanuel Abellard

Linda Florence Longpré

Vladimir François Eddy King

Nicole Geneviève Schmidt

Dr Pierre-Yves Maranda Paul Doucet

Gilles Sainte-Marie Denis Bouchard

Jimmy Yan England

Steph David Savard

Natasha Rose-Marie Perreault

Sean McDowell Alain Goulem

Gemma Catherine Paquin-Béchard

Mère Jacmel Rosalbert Ayana O’Shun

Réceptionniste Me Taschereau Dominique Bertrand

Lectrice de nouvelles Sophie Thibault

Médecin résidente Juliette Gosselin

Damien Mathieu Lorain Dignard

et la participation amicale de

Informateur Claude Legault

Enquêteur Plamondon Éric Bruneau

Professeur de gestion James Hyndman

Joseph Benoit Brière

Marcel Gaston Lepage

Martin Ouellette Laurent Paquin

Chef de chorale François Dompierre

Fiche technique

Réalisateur et scénariste Denys Arcand

Producteur Denise Robert

Directeur photo Van Royko, C.S.C.

Directeur artistique Patrice Bengle

Chef décoratrice Michèle Forest

Monteur Arthur Tarnowski, ACE

Musique originale Mathieu Lussier, Louis Dufort

Création sonore Marie-Claude Gagné

Son Martin Desmarais, Louis Gignac

Costumes Sophie Lefebvre

Chef éclairagiste Daniel Dallaire

Chef machiniste Guillaume Canniccioni

Superviseur des effets visuels Jean-François Ferland

1e assistante à la réalisation Anne Sirois

Casting Lucie Robitaille

Casting figuration Carole Dionne

Coiffure Chantal Bergeron

Maquillage Jeanne Lafond

Producteurs associés Victor Loewy,Dominique Besnehard, Patrick Roy, Martin Desroches

Producteur délégué Christian Ménard

Directeur de postproduction Georges Jardon

Administratrice de production Anik Fournier

Durée: 129 minutes

Crédit photos : crédit photos Films Séville