La chute de Sparte, de Biz et Tristan Dubois, une voix pour les ados, un humour grinçant, et un hommage à notre belle langue française! Une superbe extension au roman si bien écrit de Biz.

MauvaisAcceptableCorrectTrès bienExcellent (Donnez votre avis)
170
La chute de Sparte en salle dès le 1er juin.

La chute de Sparte d’après le roman de Biz, scénarisé par Biz en collaboration avec Tristan Dubois qui l’a réalisé, sera à l’affiche au cinéma dès le 1er juin. Le long métrage met en vedette des jeunes très talentueux, Lévi Doré, Jonathan St-Armand, Lili-Ann de Francesco, Karl Walcott, et Simon Duchesne. Un film qui traite de la réalité des adolescents, dans un langage pour ados, et qui sera également apprécié par les parents et les amoureux de langue française. Ceux qui ont lu et adoré le roman du même nom de Biz, seront littéralement comblé par cet hommage à la jeunesse, bien imagé.

Mes entrevues avec les artisans du film sont disponibles via ce lien :
http://info-culture.biz/2018/05/30/entrevue-avec-les-artisans-du-film-la-chute-de-sparte/

Synopsis : Quand on est jeune, on a parfois l’impression d’avoir tout le monde à dos. C’est le cas de Steeve Simard (Lévi Doré), 16 ans, qui entame sa dernière année à la polyvalente Gaston-Miron de St-Lambert. Intellectuel misanthrope au sens critique très aiguisé, il peine à établir des liens avec ses parents et les autres élèves. Il n’a qu’un seul ami : Virgile (Jonathan St-Armand). Pour tromper sa solitude et meubler son imaginaire, il se réfugie dans la lecture et la musique. Mais un incident avec la grosse brute de l’équipe de football des Spartiates forcera Steeve à sortir de sa tête.

Comme ce film est en fait l’adaptation du livre, La chute de Sparte, de Biz, et que ce roman jeunesse est extrêmement bien écrit, par Biz qui maîtrise à merveille la langue française, il est naturellement très à propos de reprendre ce beau texte et de le transposer dans une narration par le personnage principal. C’est ainsi que le film débute avec, Steeve qui se présente en voix hors champ : J’ai 16 ans et je m’appelle Steeve Simard. Oui, oui avec deux e. Uni-lingues et francophones, mes parents ont toujours associé l’anglais à la réussite. Et pour doubler mes chances de succès, ils ont doublé le e. Pathétique. Pire que leur anglophilie, je ne leur pardonnerai jamais mes initiales nazies. Mais on peut naitre dans une porcherie sans se croire cochon. Le ton est donné et pour ceux qui comme moi adorent la plume de Biz, ils vont être conquis par ce film qui dépeint la réalité des adolescents, en leur donnant une voix, et en utilisant l’humour grinçant et la rêverie, la bande dessinée et la mythologie pour bien l’imager et rendre plus léger ce film qui aborde des sujets très réalistes et souvent pénibles dans la vie des jeunes, que ce soit la solitude, l’intimidation, le suicide, l’homophobie, le premier amour, la relation complexe avec les parents, la jalousie, le rejet.

Lévi Doré, et Lili-Ann de Francesco

Sur la porte de la chambre de Steeve, on peut lire sur un poster, une citation dont je trouvais qu’il cadrait bien avec ce que ce film amène comme proposition :

On n’est jamais seul avec un livre. Il faut rêver, il faut rêver toujours,
il faut surtout rester fidèle à ses rêves de jeunesse:
ce sont les seuls.
Pierre Bourgault

Je trouve cela très intéressant comment Tristan Dubois a transposé sur écran ce roman jeunesse si bien imaginé. J’adore l’école qu’ils ont inventée. « La Polyvalente Gaston Miron, GM comme l’usine automobile. Mais au fond, qu’est-ce qu’une école, sinon une usine à diplômes? Année après année, nous sommes des centaines à sortir de la chaîne de montage astiqués et formatés, prêts pour la grand-route du monde adulte.» On y voit une mosaïque géante du visage de Gason Miron et en dessous, une panoplie de graffitis, c’est génial! J’aime aussi que l’école mette l’accent sur la langue française de façon originale : «Chaque année, en guise de bienvenue, l’école donne un exemplaire de L’homme rapaillé à tous les élèves de secondaire 1. Pendant tout le mois de septembre, on retrouve de ces recueils abandonnés et mutilés un peu partout autour de la poly, dans les autobus et sur les bancs de parc. Plusieurs trouvent aussi très drôle de se rouler des filtres à joint avec les pages de La marche à l’amour. Affirmer que la majorité des élèves se câlissent de Compagnon des Amériques relève de l’euphémisme. Malgré tout, la direction persiste et c’est tout à son honneur. On ne cesse pas de semer sous prétexte que certains grains pourriront sans donner d’épi.» 

Mai surtout, j’aime la façon dont on nous présente les élèves de cette polyvalente, sans jugement, avec toute la diversité qu’elle comporte (les sportifs, l’intello introverti, les cheerleaders, le petit comique qui prend de la drogue) et que les professeurs et les parents dans le film ne soient que des éléments secondaires. Tout est axé sur les jeunes et leur vision du monde et leur réalité. Et c’est le personnage de Steeve que l’on suit dans ses actions et ses réflexions.

Devon O’Connor et Karl Walcott

Bien que je ne suis pas une fervente amatrice de musique rap, je trouve très ingénieux de mettre de l’avant la musique, principalement du rap, dans le film. Pendant ces séquences musicales, on voit les scènes au ralenti, on se laisse enivrer par la musique qui continue de raconter l’histoire.

Je trouve qu’il est important que les adolescents voient ce film, car ils vont s’y reconnaître, et s’attacher à eux et peut-être y trouveront-ils des réponses à leurs questions ou sinon un bon divertissement. Mais il est essentiel que les adultes, parents, voient ce film aussi. Il y a des messages qui leur sont adressés et ils vont probablement pouvoir perdre leurs préjugés envers les ados. Une des scènes que j’aime bien, c’est celle de l’exposé oral, où Steeve parle des jeunes qui écrivent plus que jamais, même si ce n’est pas nécessairement de la manière que leurs parents voudraient.

J’aime donc que ce film soit à la fois révélateur de la réalité des ados, mais aussi qu’il y ait cet humour grinçant, et ces moments fantastiques qui nous sortent de la réalité. C’est un bon dosage qui fait en sorte qu’on ne s’ennuie jamais durant ce film.

Le talent inouï des jeunes dans ce film ajoute à notre plaisir. Steeve, toujours vêtu de son coton ouaté, est interprété par Lévi Doré (découvert dans Au secours de Béatrice) et dont c’est le premier grand rôle au cinéma. Il porte très bien le film sur ses épaules.

Lili-Ann De Francesco qui incarne Véronique Plourde, celle qui fait vibrer le cœur de Steeve,

Karl Walcott, qui incarne Maxime Giroux le joueur de football un peut trop agressif, et Jonathan St-Armand qui incarne Virgile Chèrenfant le meilleur ami de Steeve, sont tous de très bons acteurs et ils amènent la crédibilité nécessaire à leur personnage.

Parmi les autres petits rôles qui m’ont marqué, il y a aussi Devon O’Connor (le quart arrière de l’équipe de football) que l’on voit peu, mais dont le rôle a un impact majeur dans le film. Et il y a Simon Duchesne qui incarne Christophe Latreille, ce jeune rempli d’humour et d’un sens de la répartie, que je trouve succulent.

Levi Doré

Après avoir vu le film, ceux qui n’ont pas lu le livre, voudront probablement se le procurer. Et ça tombe bien, ils ont réédité le livre pour l’occasion du film.

La musique de La chute de Sparte qui fait partie intégrante de la trame narrative est une composition de Sophie Lupien, La Bronze et Chafiik.

Sortie en salles le 1er juin 2018

Avec : Lévi Doré, Karl Walcott, Lili-Ann De Francesco, Devon O’Connor, Jonathan St-Armand, Simon Duchesne, Gabriel Sabourin, Marianne Farley, Amélie Glenn, Jean-Marc Généreux, Charles-Antoine Perreault, Éric K Boulianne et Jean-Charles Lajoie

Genre : Jeunesse, comédie dramatique

La chute de Sparte est inspirée du Bestseller primé de Biz (Loco Locass)

Musique originale : CHAFIIK, MANU MILITARI, MUZION et La Bronze avec Rymz

Scénario TRISTAN DUBOIS et BIZ

Production déléguée YANNICK SAVARD

Direction de la photographie DANIEL VILLENEUVE

Direction artistique ANDRÉ CHAMBERLAND

Conception des costumes SOPHIE LEFEBVRE

Distribution des rôles NATHALIE BOUTRIE

Prise de son SIMON GOULET, LOUIS DUTIL

Montage image HUBERT HAYAUD

Effets visuels JONATHAN LEGRIS

Montage sonore CHRISTIAN RIVEST, CAROLE GAGNON

Mixage GAVIN FERNANDES

Musique originale SOPHIE LUPIEN, LA BRONZE, CHAFIIK

Réalisation TRISTAN DUBOIS

Participation spéciale :

LES ASTERIX DE FARNHAM avec ÉTIENNE BOULAY – expert et coordonnateur football

LE WONDER PACK DU CENTRE COYOTES DE CANDIAC avec MARIE-SOPHIE MORIN – entraîneuse cheerleading

LOUIS-PHILIPPE RAYMOND – entraîneur crosse

Produit par Sonia Despars et Marc Biron pour Parallaxes, La chute de Sparte est distribué au Canada par Filmoption International.

Durée du film : 93 minutes

Bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=uBhOFgIykw8

Page Facebook https://www.facebook.com/lachutedesparte/

http://www.lachutedesparte.com/

http://www.lemeac.com/catalogue/562-la-chute-de-sparte.html

crédit photos : Courtoisie de Parallaxes